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50600 Saint-Hilaire du Harcouët Paroisse du diocèse de Coutances et Avranches (Manche) |
27ème dimanche du temps ordinaire
Le récit de la création, dans le livre de la Genèse, présente la rencontre entre Adam et Ève, le 1e homme et la 1e femme comme le sommet de l’œuvre de Dieu. Le monde est fondé à partir du moment où retentit le chant d’Adam émerveillé devant la femme : « cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ». Pour donner à Adam une « compagne qui lui corresponde », Dieu prend à Adam dans son sommeil « de la chair dans son côté et le referme ». Quand Adam se réveille, sans qu’il en ait pris conscience, il garde en lui un manque. L’homme a, ancré dans sa chair et dans son cœur, un besoin de rencontrer la femme. Adam ne pourra, désormais, retrouver sa plénitude qu’en allant chercher dans la femme le manque qui est en lui. Sublime poésie de la Sainte Ecriture qui traduit en des termes si simples un mystère tellement profond. L’humanité divisée en « homme » et « femme », la distinction entre l’homme et la femme, voilà le grand chef d’œuvre de Dieu dans la création. L’homme et la femme sont tellement différents par leur physiologie, par leur corps. Il y a toujours quelque chose de mystérieux, d’insaisissable chez l’autre. Et en même temps que cette différence radicale entre l’homme et de la femme, il y a une très puissante attirance réciproque, un besoin de l’autre pour trouver sa plénitude. Et cette attirance de l’homme et de la femme, c’est le ressort qui est au cœur de l’humanité, la pulsion vitale qui anime toute la création.
Voilà le sommet de la création, qui ne peut avoir pour origine qu’un Dieu qui est en lui-même un mystère d’amour et qui a tout créé selon un projet d’amour.
En ce dimanche, rendons gloire à Dieu pour Son chef d’œuvre d’Amour qu’est l’homme et de la femme, et leur capacité d’aimer. Rendons grâce à Dieu pour l’amour de nos parents dont nous sommes issus. Maris et femmes, rendez grâce à Dieu au cours de cette eucharistie pour « le compagnon, la compagne qui vous correspond », que le Bon Dieu vous a donné. Faites monter vers le Seigneur le chant d’émerveillement d’Adam !
Hélas, le péché d’Adam et Ève et celui de toute l’humanité après eux menace aussi d’échec cette réalité si belle. L’immensité du bonheur que peut procurer l’alliance d’un homme et d’une femme n’a d’égale que la profondeur de souffrances qu’elle peut aussi occasionner. Les paroles de Jésus concernant la trahison et la rupture de l’alliance conjugale – nous venons de les entendre – sont absolues car Il est venu pour restaurer le projet du Créateur abîmé par le péché. Le salut que Jésus apporte à l’humanité par sa mort sur la Croix, et Sa Résurrection, tous en ont besoin, et particulièrement peut-être l’homme et la femme qui vivent dans l’état du mariage.
L’amour de l’homme et de la femme, a besoin d’être purifié, et de se ressourcer en permanence dans l’amour de Jésus. Voilà ce qu’est le sacrement du mariage : le don de l’amour de Jésus qui vient sauver l’amour humain.
C’est pourquoi la règle de l’Église catholique est, aujourd’hui comme depuis ses origines, que les relations conjugales ne doivent commencer qu’à partir du moment où le sacrement du mariage est célébré. Avec l’illusion des débuts, rien ne semble pouvoir menacer ceux qui s’aiment : leur amour est si puissant que rien ne peut les arrêter. Et pourtant, rapidement, les personnalités se révèlent telles qu’elles sont avec leurs faiblesses, leurs égoïsmes, en même temps que leurs richesses, et si le salut du Christ n’y est pas inséré par le sacrement du mariage, l’union entre les conjoints non seulement risque de ne pas durer, mais aussi de les faire souffrir.
Les exigences de l’Église aujourd’hui comme hier, qui ne font que relayer les exigences du Christ ne peuvent être acceptées que si l’on comprend que, pour Jésus, l’amour entre l’homme et la femme n’est pas une distraction : c’est le sommet de la création, c’est la principale mission que Dieu confie à l’humanité. L’amour entre l’homme et la femme n’est pas un jouet, et c’est le bijou le plus précieux de l’humanité. Et l’institution du mariage est l’écrin qui protège, et présente ce bijou. Ce bijou, sans l’écrin du mariage, l’amour conjugal détaché de l’écrin qu’est l’institution du mariage, risque d’être sali. Il faut donc, aujourd’hui comme hier, éduquer les jeunes chrétiens à attendre de recevoir le sacrement du mariage pour commencer à vivre ensemble. Il faut d’abord fonder une famille à partir du sacrement du mariage pour établir des relations conjugales harmonieuses. Aujourd’hui plus hier, il est important que les chrétiens aient à ce sujet une grande lucidité et détermination, car nous vivons dans une société où l’institution du mariage est réellement menacée. Et pourtant, nous voyons bien que cette institution du mariage s’enracine dans les Paroles même de Jésus, et dans le projet du Créateur.
Chers jeunes qui êtes dans cette assemblée, peu nombreux, mais vous qui y êtes, je voudrais vous dire au nom de l’Eglise : Faîtes de votre mariage le chef d’œuvre de votre vie. L’amour entre l’homme et la femme est une réalité extrêmement belle, mais fragile. Si vous voulez être heureux et réussir votre amour, mettez y les exigences du Christ, et les sacrements de l’Eglise.