Homélie du dimanche 30 août 2009
22ème dimanche du temps ordinaire
Le Seigneur Jésus nous invite en ce dimanche à nous pencher sur le mal qui est en nous, les tendances mauvaises qui nous habitent. Voilà qui n’est pas à priori très réjouissant. Rentrer en soi-même pour scruter sa conscience et analyser ce qui sort de notre cœur. Voilà ce que Jésus nous invite à faire en ce jour. Il ne s’agit pas d’une introspection qui nous centre sur nous- mêmes, qui nous referme sur nous-mêmes, il s’agit au contraire d’une ouverture du cœur, pour permettre à la grâce de Dieu, de descendre en nous, de descendre à la racine de notre être pour le purifier, le vivifier. Les pharisiens d’hier et d’aujourd’hui se scandalisent facilement. Ils aiment prendre des attitudes indignées pour parler des autres. Seul un petit cercle d’amis, qui ne sont des amis d’ailleurs que parce qu’ils ne les contredisent pas trop, et aussi longtemps qu’ils les entretiennent dans ce qu’ils pensent déjà d’eux-mêmes. Seuls ceux-là trouvent grâce à leurs yeux. Les pharisiens aiment à s’indigner. Nous sommes devenus les champions de l’indignation publique. Il faut maintenant à la télé ou aux journaux un nouveau scandale aussi souvent que possible pour donner libre cours à l’indignation. « Quand on voit tout ça … »disent les pharisiens avec un air de désapprobation, « les parents n’éduquent plus aujourd’hui leurs enfants….voyez comme ils se tiennent mal…. » J’ai toujours l’impression que tout le monde tient ce discours facile, discours d’indignation, et du coup, c’est toujours de la faute des autres qui eux, vraiment sont en dessous de tout. Comme une fois j’ai pu entendre : « pour un chrétien, bravo ! » dans la manière de se comporter. Dans tout cela il y a à la fois un grand orgueil caché, et aussi une terrible illusion sur soi-même. Hypocrites, dit Jésus, rentrez à l’intérieur de vous-mêmes. Ce peuple m’honore des lèvres par son bavardage incessant mais il ne fait pas silence en son cœur. Pour se mettre sous la lumière de Dieu, et découvrir les pensées perverses qui sortent de son cœur. Notre époque fuit à la fois l’intériorité, le silence, et en même temps se délecte à étaler publiquement des scandales pour se donner le plaisir de s’indigner, et aussi de se donner bonne conscience. Les mauvais, ce sont les autres, le mal est ailleurs. Non, dit Jésus, non dit la foi chrétienne, le mal est en nous. C’est notre cœur qui est possédé par les tendances mauvaises depuis le péché originel d’Adam et Eve. C’est là qu’est l’origine véritable de tout mal, de toutes les disputes, de toutes les guerres. L’origine de tout cela n’est pas dans les autres, elle est dans le cœur de chacun d’entre nous, cette tendance mauvaise qui paralyse en nous nos forces bonnes. Pour changer la société, ce ne sont pas les autres qu’il faut dénoncer, c’est notre orgueil qu’il faut détruire. Pour que l’Eglise catholique soit renouvelée et parle au cœur de nos contemporains ce que nous désirons, ce n’est pas en critiquant l’institution ecclésiale, en exigeant du Pape qu’il change l’Eglise avec un décret magique qui va tout régler, pour que la messe soit plus ceci ou plus cela, que les prêtres soient plus ceci ou plus cela, c’est notre vie qu’il faut convertir. Je suis étonné combien sont nombreux les gens qui ont plein d’idées pour changer l’Eglise, et combien peu nombreux sont ceux qui sont exigeants avec eux-mêmes, pour être fidèles dans l’observance de la loi de Dieu sur le jour du Seigneur, le mariage, son caractère sacré, le vol, le mensonge, et autres péchés que Jésus énumère. Combien aussi sont peu nombreux ceux qui témoignent réellement au travail, en famille, mais par contre les projets de changements, ça, ça ne manque pas. Pour travailler réellement à la purification de notre cœur, et c’est par là que tout change. Le Bon Dieu nous a donné un grand moyen, l’unique moyen vraiment efficace, c’est la confession, le sacrement de pénitence. Voilà le sacrement par lequel nous ouvrons réellement l’intime de notre cœur à la grâce de Dieu pour qu’Il vienne en nous nous purifier, pour qu’Il vienne détruire en nous ces tendances mauvaises qui nous habitent, et sur lesquelles nous-même nous avons difficilement prise. Je propose de comparer le péché au liseron. Le liseron qui entourer les plantes souvent même quand les fleurs blanches sont là, le liseron paraît plus beau que la plante elle-même. Et nous-mêmes, nos tendances mauvaises parfois, nos péchés, nous nous en flattons, et c’est presque cela que nous donnons le plus à voir de nous-même. Nous nous en honorons. Et par contre pour enlever le liseron, c’est très difficile, voir, impossible. C’est un parasite qui fait corps avec la plante et qui l’étouffe. Il y a un moyen, maintenant, ce sont les désherbants qu’on met sur les feuilles, et qui petit à petit arrivent à remonter jusqu’à la racine, et à le détruire. Hé bien vous voyez le péché est un peu comme le liseron dont les racines sont extrêmement difficiles à atteindre. Et vous le savez aussi, quand on tire un coup sur le liseron, ça le supprime pour un temps, mais ça repousse aussi fort voir plus fort après. Quand on cherche soi-même à se changer, hé bien, au fond, on ne peut pas y arriver. La seule manière d’atteindre la racine des tendances mauvaises qui sont en nous, c’est de permettre à la grâce de Dieu d’y accéder, comme ce désherbant qui va pouvoir remonter jusqu’à la racine même, et anéantir le parasite. Et voilà bien l’objet de la confession. Il s’agit de présenter quelques fautes, quelques péchés, que nous avons commis, souvent pas très graves, un peu comme ces feuilles de liseron que nous allons badigeonner avec le désherbant, on ne couvrira pas tout, mais on présente au Seigneur quelques fautes, que nous avons conscience d’avoir commises. Et le sacrement est beaucoup plus puissant. Il va, à partir des petites fautes que nous présentons au Seigneur dans le sacrement, remonter petit à petit jusqu’à la racine du mal qui est en nous. Et voilà le miracle du sacrement de pénitence, c’est d’atteindre les forces mauvaises en nous, et du coup de libérer les forces bonnes, nos qualités qui sont parasitées, sans même que nous en rendions compte parfois, par les forces mauvaises. Pour que les chrétiens témoignent, pour que l’Eucharistie puisse réellement faire son effet en nous, l’Eucharistie a besoin nécessairement d’être reliée au sacrement de pénitence. Ceci vient du Seigneur Jésus Lui-même. Il est l’Auteur de l’Eucharistie, Il est l’Auteur de la confession. L’un va avec l’autre. Le sacrement de la confession ouvre notre cœur, et l’Eucharistie permet à la Vie de Dieu de réellement pénétrer en nous pour nous vivifier. Donc je vous invite aussi peut-être, puisque, il est vrai que, l’habitude s’est largement perdue hélas, hé bien de repenser à la confession fréquente. Le Pape Jean-Paul II se confessait chaque jour, pour précisément purifier en lui, et il savait aussi que, comme il avait de hautes responsabilités, les tendances mauvaises d’un homme qui a de hautes responsabilités, a de grandes conséquences. Et on peut, une confession ça peut durer deux trois minutes, être très bref, et réellement ça nous permet de faire ce retour en soi-même, pour soi-même se remettre en cause, voir le mal qui est en nous et demander au Seigneur humblement de le purifier. Il y a ici donc la confession tous les vendredis de cinq heures à six heures le soir, à Pontmain même tous les après-midi, et pour le renouvellement de l’Eglise, c’est d’abord par nous qu’il faut commencer, et ce renouvellement passera nécessairement, par le renouveau du sacrement de la pénitence.