Paroisse de Saint Hilaire du Harcouët - Paroisse de Saint Martin de Landelles

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50600 Saint-Hilaire du Harcouët
Paroisse du diocèse de Coutances et Avranches (Manche)

Homélie du dimanche 27 septembre 2009

26ème dimanche du temps ordinaire

Homélie de Père Vallançon


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Entrer dans la Vie éternelle, ou être jeté dans la géhenne, là où le feu ne s’éteint pas, voilà les deux grandes issues qui s’ouvriront à l’heure de notre mort. Nous venons de l’entendre dans l’évangile. Et une fois qu’on a vraiment pris au sérieux ces Paroles de Jésus, notre destinée éternelle, et on comprend que notre vie sur terre a un but : tout mettre en œuvre pour pouvoir aller au Ciel, entrer dans la Vie éternelle. Et Jésus nous invite même dans cet évangile à être prêt à renoncer à ce qui nous est de plus précieux, quelque chose de nous même, l’œil, un pied, plutôt que d’entrer dans la géhenne de feu, c’est-à-dire en enfer. Regagner la Vie éternelle vaut tous les sacrifices. Vivre conformément à la volonté de Dieu, chercher à s’y conformer en tout point, voilà l’objectif prioritaire à tout autre dans nos décisions, et dans nos convictions. Il y a quatre éléments fondamentaux qui constituent cette volonté de Dieu : la foi catholique, la prière, les dix commandements, et les sacrements. Ces quatre piliers sont la base de la vie de l’Eglise. Est-ce que je crois en tout ce que l’Eglise croit ? Est-ce que je désire le Ciel, et organise ma vie de manière à y participer ? Est-ce que j’observe attentivement les dix commandements du Décalogue ? Et, est-ce que je reçois parmi les sept sacrements ceux qui me sont nécessaires au moment de la vie ou je suis ? Voilà la clé du salut éternel, à la fois croire, adhérer à la foi catholique, et aussi recevoir les sacrements que Dieu nous donne, pour pouvoir mettre en pratique ces commandements. Voyez la finale de l’évangile de Saint Marc : « Jésus dit aux apôtres : allez par le monde entier proclamer la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné. » Et c’est là que se trouve le ressort missionnaire de l’Eglise, et le nôtre : désirer sauver tous les hommes, empêcher qu’un seul ne se perde et soit condamné. Je sais bien qu’il y a eu pendant longtemps dans l’Eglise des abus avec la peur de l’enfer. Un courant appelé « Janséniste » à partir du 17ème siècle a fait des ravages dans l’Eglise, et ces jansénistes prêchaient une religion austère, moralisatrice où la peur de l’enfer était partout. On parlait peu, ou pas, de l’Amour de Dieu, de Sa miséricorde prête à pardonner les plus grands péchés. Des anciens parmi vous disent souvent que la religion qui leur était enseignée était plus marquée par la crainte du jugement de Dieu, que par la révélation de Sa miséricorde, qui pourtant, est la première. Aujourd’hui, on est tombé dans l’excès inverse. Je crois que la vie de l’Eglise est devenue très inconsistante aux yeux de nos contemporains, car nous ne présentons pas, nous n’osons pas présenter l’Eglise comme l’unique moyen offert aux hommes pour être sauvé. La catéchèse elle-même a largement oublié de mettre les enfants en face de cette perspective finale. Et au fond peut-être, nous pourrions nous appliquer à nous-mêmes cette mise en garde de Jésus concernant les enfants dont nous avons la charge quant à leur éducation chrétienne, celui qui entraînera la chute d’un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules, et qu’on le jette à la mer. Vous voyez comme Jésus aussi prend au sérieux et nous met en garde si, à cause de nous des enfants qui croient en Lui, ne parvenaient pas au salut éternel faute d’avoir osé leur dire des choses pas forcément agréables à entendre, mais décisives pour leur salut éternel. Il est indispensable de bien respecter l’équilibre des Paroles de Jésus. Jésus ne manque jamais, dans tous les passages où il est question de l’enfer, dans les évangiles, et ils sont très nombreux, il ne manque jamais donc de parler aussi du Ciel, du Royaume éternel. On entend beaucoup de gens qui disent parmi les catholiques, « je ne crois pas à l’enfer », et pourtant vous voyez les paroles de Jésus là dessus sont nombreuses et certaines. Celui qui ne croit pas à l’enfer, ne croit pas à l’évangile, et rejette les Paroles absolument claires et incontournables de Jésus Christ. Parfois on entend aussi : « l’enfer est une pure possibilité, il y a certainement personne dedans. » Ceci est faux car il y a déjà les anges mauvais, satan, et les autres démons. Et puis là-dessus, même s’il n’y a pas de révélation directe dans la Sainte Ecriture, il y a aussi des témoignages de la tradition de l’Eglise. Sainte Thérèse d’Avila s’est vue elle-même à la place qu’elle aurait occupée en enfer si elle n’avait pas changé de vie, et cette vision là qui l’a terrifiée a été a été un élément moteur dans sa décision d’avoir une vie religieuse plus fervente. Et puis dans les apparitions à Fatima, le 13 juillet 1917, apparitions qui ont été reconnues comme authentiques par l’Eglise, la Vierge Marie montra aux trois enfants, nous-même qui souvent craignons d’en parler aux enfants au catéchisme de peur de les insécuriser, la Vierge Marie elle-même montra à trois jeunes enfants une vision de l’enfer. Et, ils rapportent ceci : « Nous vîmes comme un océan de feu »qui correspond exactement donc à l’image que Jésus utilise dans l’évangile, la géhenne de feu, « plongés dans ce feu, il y avait des démons et des âmes de damnés semblables à des braises transparentes, et au milieu de cris, de gémissements de douleurs et de désespoir. » A quoi la Sainte Vierge ajoute : « Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon coeur Immaculé. » Vous voyez, il y a réellement un enjeu grave pour notre vie humaine, et qu’il nous faut envisager avec crainte. « La crainte de Dieu qu’il inspire est pure » dit le psaume. Jésus ne parle pas au conditionnel de l’enfer, comme une image, Il sait pourtant utiliser les images, non, non, « il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Voyez combien est terrible cette réalité de l’enfer, combien ce malheur éternel, nous pouvons y être jetés, selon le verbe de Jésus. On n’y tombe pas, on y est jeté, parce qu’il y a réellement un jugement de Dieu qui sera fait sur les actions et la foi que nous aurons eu au long de notre vie. Prenons au sérieux cette perspective finale que Jésus nous indique. Dans la prière Eucharistique numéro 1 que je dirai tout à l’heure, nous supplions le Seigneur : « Arrache-nous à la damnation éternelle, et reçois-nous parmi Tes élus. » Je voudrais pour finir vous citer une phrase du curé d’Ars. Lui-même a toujours maintenu cet équilibre de Jésus, en versant dans un excès, ni dans un sens, ni dans l’autre, à la fois l’Amour de Dieu qui est premier, et qui est le bien auquel Il nous appelle, et aussi cette possibilité de la damnation éternelle. Donc, je cite le curé d’Ars, qui disait ceci environ vers 1853 : « Dans le monde, on cache le Ciel et l’enfer. Le Ciel, parce que si on en connaissait la beauté, on voudrait y aller à tout prix, on laisserait bien le monde tranquille. L’enfer, parce que si on en connaissait les tourments, on voudrait les éviter coûte que coûte. »

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