Paroisse de Saint Hilaire du Harcouët - Paroisse de Saint Martin de Landelles

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50600 Saint-Hilaire du Harcouët
Paroisse du diocèse de Coutances et Avranches (Manche)

Homélie du dimanche 27 décembre 2009

Fête de la Sainte Famille

Homélie de Père Vallançon


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Nous avons entendu dans l’oraison d’entrée au début de la messe, cette prière : « Tu as voulu Seigneur que la Sainte Famille nous soit donnée en exemple ; accorde-nous la grâce de pratiquer comme Elle les vertus familiales et d’être unis par les liens de Ton Amour, avant de nous retrouver pour l’éternité dans la joie de Ta maison ». Nous avons demandé trois choses dans cette prière : pratiquer les vertus familiales, être unis par les liens de ton amour, et nous retrouver pour l’éternité dans la joie de ta maison. Accorde-nous la grâce de pratiquer les vertus familiales. Le seul sacrement au fondement de la famille, c’est le sacrement de mariage le seul sacrement qui fonde la vie de famille. Les relations familiales sont construites sur la relation conjugale de l’homme et de la femme unis ensemble par le sacrement de mariage. La porte d’entrée de la grâce de Dieu dans une famille, c’est le sacrement de mariage. Le canal par où entre la vie surnaturelle de la famille. Les vertus familiales sont d’abord des vertus conjugales. Il serait trop long de vouloir toutes les énumérer. Nous relevons particulièrement deux vertus : la fidélité et la pureté. Les atteintes à ces vertus par les parents ont des répercutions secrètes sur le climat de la famille car l’amour vit et se nourrit du don de soi de chacun. Il s’étiole et meurt de l’égoïsme de chacun. Or, les exigences de l’Eglise sur les relations conjugales ont pour but unique de l’établir sur le fondement sûr du don de soi et de protéger aussi la relation conjugale du risque toujours menaçant de les voir gangrener par l’égoïsme. La qualité de la relation vécue par l’homme et la femme, c’est de là que découle la qualité du climat de famille. Et Saint Jean, dans la deuxième lecture que nous avons entendue, nous donne ce principe très fiable : « celui qui est fidèle à ses commandements demeure en Dieu et Dieu en lui. »Les dix commandements de la loi de Dieu sont la grande charte sur laquelle nous pouvons édifier de façon solide nos relations mutuelles et particulièrement les relations conjugales et familiales. S’écarter consciemment d’un de ces commandements de Dieu ou de l’Eglise, c’est menacer dans ses fondements la vie de la famille. Nous avons demandé aussi dans cette oraison d’entrée, la grâce d’être unis par les liens de l’Amour de Dieu. Mettons au cœur de nos familles Dieu Lui-même, la prière. Dans la première lecture où Anne, stérile a demandé instamment, longuement, à répétition la grâce de la maternité. Elle se désespérait de devenir mère. Elle est venue inlassablement supplier le Seigneur de lui accorder cette grâce. Et elle vient pour rendre grâce car elle sait que c’est à Dieu qu’elle doit d’avoir été mère de Samuel. Passons par Dieu pour toutes choses. Mettons Dieu dans toutes nos préoccupations les plus ordinaires, même acheter une maison, une voiture, ou espérer un conjoint ou une conjointe de qualité pour son enfant, dans les dangers, les maladies. Dans toutes ces situations qui nous tiennent à cœur, est-ce que nous pensons vraiment à y mettre le Bon Dieu, à Lui demander d’abord à Lui la solution ? Il y a aussi dans toute famille, dans toute vie conjugale et familiale, d’inévitables incompréhensions. Et même la sainteté sans pareils de Marie et Joseph ne les fait pas être épargnés de ces incompréhensions douloureuses. Voyez-vous dans l’évangile justement cette question angoissée de Marie à Jésus : « Pourquoi nous as-tu fait cela ? » Et Jésus donne à Ses parents une réponse qui est aussi une lumière pour nous : « Je dois être aux affaires de Mon Père. » Si Dieu est au cœur de notre vie de famille, les incompréhensions dans les relations mutuelles qui sont inévitables trouveront aussi leur solution par le haut. Troisième point, troisième demande que nous avons formulée dans cette oraison d’entrée, accorde-nous de nous retrouver pour l’éternité dans la joie de Ta maison. St augustin compare l’Eglise à un grand arbre qui ne cesse de grandir. Mais cet arbre dit-il a ses racines dans le Ciel. Il est comme inversé : les racines sont en haut, et la végétation est en bas, c’est elle qui est visible. Nous savons bien qu’un arbre puise sa vie dans la partie invisible de lui-même que sont ses racines. Otez à un arbre toutes ses parties invisibles et il meurt. La partie visible de l’Eglise, dit st Augustin, c’est comme la végétation de l’arbre. Ses racines, les sources de sa vie, sont au Ciel, dans la vie de Dieu, des anges et des Saints. Et nos familles elles-mêmes sont à l’image de l’Eglise. Nous avons tous des défunts qui nous sont chers et que nous savons, espérons au Ciel. Nos familles ne cessent de s’accroître au Ciel. Cultivons des liens étroits avec les défunts de nos familles. L’Eglise appelle le jour de la mort de ses enfants le Dies Natalis. Jour de naissance. Et si nous savons combien la naissance d’un nouveau-né dans une famille est une joie pour les parents, les frères et sœurs, pensons à cette joie au Ciel, quand nos parents décédés voient arriver auprès d’eux l’un des leurs. Notre sortie de ce monde sera en fait le jour de notre naissance au Ciel. Voila la grande fête de famille à laquelle nous demandons au Seigneur de participer : nous retrouver pour l’éternité dans la joie de la maison de Dieu. La conception que nous nous faisons de notre propre famille oriente inconsciemment notre style de vie, notre manière de vivre nos rencontres, nos joies et nos peines. Ce qui donne à nos familles leur parfum de joie, leur qualité d’amour, c’est d’être orientées vers ces retrouvailles dans la joie de la maison de Dieu, de rester en rapport étroit avec ses membres défunts, et en eux, rester en relation étroite avec la vie de famille, qui se poursuit en Dieu.

En ce jour de la Sainte Famille, remettons entre les mains de Jésus, Marie et Joseph nos familles, nos projets de famille peut-être, et demandons-leur cette lumière surnaturelle qui nous fera percevoir avec une plus vive conscience là où se trouve les racines de notre famille humaine.


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