Homélie du dimanche 25 octobre 2009
Cérémonie du sacrement de confirmation avec Mgr Lalanne
Chers amis, vous avez entendu ce récit de la Pentecôte, quelque peu étonnant. C’est vrai que la Pentecôte, littéralement le jour de la cinquantaine, célébrée 50 jours après la pâque, commémorait l’alliance du Sinaï entre Dieu et Israël. Et cette fête rassemblait à Jérusalem des foules juives venues de nombreux pays, de nombreuses contrées, et nous avons entendu Mélanie nous lire, bien, ce beau texte des actes avec des noms de pays un peu compliqués. Et, que se passe-t-il, les apôtres ont besoin d’être ensemble, et de ruminer peut-être les souvenirs de tout ce qu’ils ont vécu avec le Christ, et ils ont peur de leurs concitoyens, oui, ils ont peut-être peur de subir le même sort que leur maître : Jésus. Et voilà que, tout à coup, ils sont remplis de l’Esprit Saint, je vais y revenir, à leur tête, Pierre, et voilà que tout ceux qui étaient là entendent les apôtres parler dans leur propre langue maternelle, ils sont complètement interloqués, car ils voient ces Galiléens qui n’avaient pas une très bonne presse, qui n’étaient pas réputés pour être très cultivés, et ils étaient complètement étonnés qu’ils puissent parler autant de langues différentes. Il y en a même, mais on a arrêté le récit avant, qui disent : « mais, est-ce qu’ils auraient pas bu un coup de trop ? » Et Pierre de les rassurer : « non non non, ils n’ont pas bu, et d’ailleurs, il n’est que 9:00 du matin. »
Chose extraordinaire, ces gens s’énervaient, parce que, de fait, ils entendent dire les merveilles de Dieu dans leur langue maternelle. Et, ce récit de la Pentecôte nous dit qu’il y a eu comme un feu, des langues de feu qui viennent sur les apôtres, et puis un bruit comme un vent violent, et j’aime dire qu’il y a et le feu, et le vent. Le feu, il est souvent irrésistible, il fait éclater toutes les… le feu, c’est aussi le foyer autour duquel on se rassemble, autour duquel on est réunis, autour duquel on est au chaud. Et puis le vent qui disperse, on nous dit, on sait pas d’où il vient ni jusqu’où il va, il disperse jusqu’aux extrémités du monde. Voilà que les apôtres qui étaient complètement verrouillés dans leur peur, osent annoncer le Christ, osent dire leur bonheur de l’Évangile, osent dire leur joie de croire. Ils sont tout « un », et en même temps, les voilà qui vont partir, Jacques à Jérusalem pour suivre la fondation de l’Eglise, Pierre ouvrira l’Eglise aux Romains, Paul aux Grecs, les autres à l’Égypte et à tous les peuples du Moyen-Orient, oh ça se passera pas sans quelques difficultés, on sent parfois des tensions et des débats, quelquefois même on s’échauffera un peu, n’empêche que Pentecôte est le point de départ d’une Eglise qui s’ouvre aux dimensions du monde, voilà que des apôtres osent dire Dieu dans toutes les langues et dans toutes les cultures. Si j’ai fait ce retour sur le récit des actes, c’est parce que les confirmants qui sont là devant nous vivent, et vont vivre la même expérience de Pentecôte. Vous aussi vous m’avez dit que vous avez fait tout un chemin de rencontre les uns avec les autres, toute cette préparation où vous avez réfléchi ensemble, essayé de répondre à des questions, vous avez écouté la Parole de Dieu, et vous avez exprimé, chacun chacune, dans une lettre personnelle que vous m’avez fait parvenir, votre désir d’être confirmés. Et dans ces lettres je lisais et en filigrane tout le chemin parcouru, et la manière dont vous avez reçu l’appel du Christ, la manière dont pour beaucoup, vos familles vous ont aidé à découvrir le visage du Christ, et la place de vos parrains et marraines qui vous accompagnent, des lettres qui pour moi manifestent que l’Esprit Saint n’a pas encore attendu aujourd’hui pour être à l’oeuvre dans vos vies, même si vous allez le recevoir en plénitude maintenant, l’Esprit Saint est déjà à l’oeuvre. Et cette lettre est une occasion de relire votre histoire, un peu comme le peuple d’Israël relisait son histoire avec son Dieu, un peu comme les premières communautés chrétiennes de relisaient leur histoire, leur suite du Christ. Voilà que les uns les autres vous m’avez dit combien cette démarche était une démarche personnelle. Je vous répondrai personnellement aussi, mais permettez que je cite juste quelques phrases sans en indiquer les auteurs, car cette lettre regarde vous et moi, mais quand même… L’un ou l’autre dit : « la confirmation, c’est un engagement personnel, c’est un choix que j’ai fait seul. » Un autre : « la confirmation, c’est renouveler l’engagement pris par mes parents, sauf qu’aujourd’hui c’est moi qui choisis de renouveler cet engagement avec Dieu, qui est la vie chrétienne » Un autre encore me dit : « C’est pour continuer à vivre en chrétienne et suivre le chemin de Dieu. » Encore deux : « je célèbre la confirmation pour enrichir mon envie de connaître Dieu, et pour moi, c’est un besoin et une grande expérience humaine. » Enfin, l’un me dit encore : « c’est encore franchir une étape de ma vie chrétienne, pour que je sois plus impliqué dans ma vie avec le Seigneur. » Vous avez raison, votre décision est personnelle, et tout à l’heure, quand le Père Pestour vous appellera, au nom de l’église, vous vous lèverez. Ça sera le signe que vous répondez en votre propre nom. Et dans l’histoire de l’église c’est toujours comme ça. C’est le seigneur qui appelle, et c’est l’homme qui répond personnellement. Et puis tout à l’heure je vais vous marquer de cette huile parfumée, la bonne odeur du Christ, ce parfum des chrétiens, et je dirai à chacun par son prénom : « soit marqué de l’Esprit Saint le don de Dieu » C’est une décision personnelle, et en même temps, c’est un don que vous recevez. L’autre jour, tiens, l’un d’entre vous me disait, je vais me confirmer, et j’ai repris la phrase, et non non, tu vas pas te confirmer. C’est Dieu, c’est l’oeuvre de Dieu en toi. Voilà ce que Dieu vient nous dire à chacun et chacune : « tu es aimé gratuitement. Tu comptes à Mes yeux, et Je te fais confiance, Je te fais confiance même si tu n’as que 14 15 16 ou 19 ans, pour être témoin de l’Évangile comme les apôtres, comme les disciples. » Vous recevez ce don pour être envoyés. Oh j’en entends déjà qui me disent : « je m’en sens pas capable, je connais pas encore bien toute la foi ». Il y en a même l’un d’entre vous qui me disait : « je ne voulais pas faire ma confirmation, je ne me croyais pas assez chrétien pour ça » peut-être que vous dites : « mais je ne suis pas capable » Et Pierre, est-ce qu’il se croyait capable. C’est lui qui, au moment important, quand on lui a posé la question il dit : « ah non, non non non, je ne connais pas cet homme » il a renié, il a trahi et voilà que l’église est confiée par le Christ à Pierre. Pour moi c’est une merveilleuse nouvelle. Ça veut dire que même quand on encore des doutes, même quand on encore des questions, même quand dans notre vie il y a des difficultés, voilà que Dieu me fait confiance tel que je suis. On a plein de raisons de dire non, et le Seigneur vous dit : « J’ai besoin de toi, pour que tu dises des frères l’amour, la tendresse, et la fidélité de Dieu » Alors j’ai envie de vous dire pour terminer : Cher confirmant, je le dis au nom de notre communauté ici réunie, je le dis au nom de l’Eglise qui est dans la Manche, l’Eglise a besoin de vous. Qui pourra trouver les mots, les attitudes, mieux que vous, pour oser dire la joie d’être aimé à ceux que vous rencontrerez dans vos classes, dans vos familles, dans vos amis. Oui, quelles places prendront ces plus jeunes dans votre communauté, et ne dites pas : « Ils n’ont que 15 ou 16 ans, ils n’ont pas d’expérience » Ils vont recevoir l’esprit Saint pour prendre toute leur place dans la communauté, par la proclamation de la Parole, par le chant, par la solidarité, par l’accompagnement de plus petits, par la catéchèse que sais-je, chacun a sa place avec ses dons et avec ses qualités, ses charismes disons. Et puis, vous aurez à chercher ensemble comment « dire le Christ » dans notre monde d’aujourd’hui. Tout simplement peut-être dans votre manière d’être. Vous avez entendu tout à l’heure la lettre Galates, les fruits de l’esprit, l’Esprit Saint, on ne le voit pas en direct, mais les fruits de l’Esprit c’est l’Amour, la joie, la douceur, la maîtrise de soi, la foi. Voilà que dans votre manière de vivre, dans votre manière d’être, j’espère que d’autres découvriront la bonne odeur du Christ, ce parfum qui dit la joie d’être aimé, et la joie de croire.