Homélie du dimanche 22 novembre 2009 (Solennité du Christ, roi de l’univers)
Sainte Cécile
• Nous avons l’honneur et la joie d’accueillir aujourd’hui comme en 2003, donc M. Marcel Dazin, qui est venu, je le disais tout à l’heure, pour nous aider à prier par le chant. Heureuse coïncidence, nous fêtons Sainte Cécile patronne des musiciens. Cette jeune martyre a fasciné une Sainte dont nous avons accueilli les reliques il y a deux ans, Sainte Thérèse de l’enfant Jésus. Elle a fasciné Sainte Thérèse depuis son enfance car Cécile, Sainte Cécile est la sainte du parfait abandon de la parfaite confiance en Dieu, entre les mains du Seigneur Jésus. Avec sa soeur Céline, elle va découvrir Sainte-Cécile en visitant Rome. Rome, plus spécialement les catacombes de Saint Calixte, et, elle va se faufiler dans l’ancien tombeau de sainte Cécile, puis ramasser dans un petit sac, un petit sachet, un peu de terre dont elle va faire donc une relique. Et quelques jours plus tard, Thérèse va aller sur le lieu où fut martyrisée Sainte-Cécile, donc, pour ceux qui connaissent, près de l’église du Trastevere où nous pouvons admirer, comme Thérèse l’a fait, admirer une statue taillée dans le marbre par Maderno. Thérèse est ravie d’apprendre que Sainte Cécile a été proclamée reine de l’harmonie. Pourquoi reine de l’harmonie ? Hé bien en raison du chant virginal qu’elle fit entendre à son époux céleste, c’est à dire à Jésus, caché au fond de son coeur, comme il est au fond du nôtre. Et en effet, Cécile venait d’être mariés à un païen qui ne partageait pas sa foi, ni son propos de virginité, confiance héroïque de Cécile qui fut entièrement exaucée puisque son mari devint chrétien, et se convertit, et donc respecta le voeu de son épouse, et au fond, tous les deux vont mourir martyr, donc donner leur vie pour Jésus, à cause de la foi chrétienne. Et c’est ainsi que Cécile est devenue la sainte préférée, la sainte de prédilection, la confidente même peut-on dire intime de Thérèse qui écrit : « tout en elle, tout en elle me ravit, surtout son abandon, sa confiance illimitée en Dieu ». De retour à Lisieux, Thérèse de l’enfant Jésus va essayer de vivre le mieux possible cet idéal de confiance, et sa petite soeur Céline va graver sur la coque d’un petit bateau le mot abandon. Abandon, si l’on veut, confiance absolue qu’elle va offrir à Thérèse donc pour la fête de Noël. Et abandon, le mot abandon, va devenir le maître mot de Thérèse, de son vocabulaire, et il va constituer un élément capital de ce qu’on appelle sa petite voix, le petit chemin, le plus court pour aller à Dieu, celui de l’enfance, l’enfance, et en effet l’enfant fait totalement confiance à ses parents, en particulier l’enfant chrétien fait totalement confiance à son Père du Ciel quoi qu’il arrive. Et pour la petite Thérèse, il est arrivé une chose très douloureuse, puisque son père va être interné, on dirait maintenant hospitalisé dans une maison de santé, à peine, à peine une année après l’entrée au Carmel de Thérèse. Alors Thérèse n’oublie pas l’exemple que lui donne Sainte-Cécile. Elle écrit à sa soeur Céline : « comme Cécile chantons dans notre coeur un cantique mélodieux à notre bien-aimé, à Jésus » le cantique de la souffrance, cantique uni, souffrance unie à Ses souffrances, souffrances du Bien-aimé. C’est ce qui ravit le plus son coeur. Même dans cette énorme souffrance, Thérèse a voulu suivre cet exemple d’une sainte qu’elle admirait. Quatre ans plus tard, vous savez qu’à l’époque on avait peu de bibles chez soi, peut-être les Évangiles, et Thérèse va découvrir dans la Bible, la Bible c’est une bibliothèque, et dans cette bibliothèque il y a un grand livre s’appelle le cantique des cantiques qui est un long poème, et elle va découvrir que l’épouse dont on parle dans ce livre du cantique des cantiques, hé bien est comparé à des chœurs de musique. Et donc, elle va exhorter même sa soeur, la petite Céline, à être elle-même, la petite de lyre de Jésus. Elle n’a pas dit la petite guitare, mais la lyre. L’année suivante, elle va offrir à Céline, pour fêter ses 25 ans, un poème intitulé « la mélodie de Sainte-Cécile » qui est un éloge de la virginité et de l’abandon confiant en la toute-puissance de Dieu capable de dénouer les situations les plus difficiles, les plus inextricables. Trois mois avant sa mort, vous savez que Sainte Thérèse est morte elle avait je crois 24 ans, je crois, en tout cas, c’était le le 30 septembre1897. Trois mois avant sa mort, on vante devant Thérèse les Saints qui ont été extraordinaires. On cite entre autres Saint Siméon le styliste, vous savez, qui a vécu des années au-dessus d’une colonne. Alors donc Thérèse va réagir, et elle va préférer donc les saints qui n’ont peur de rien, et elle va citer Cécile qui se laisse marier et ne craint pas. Voilà, eh bien voici pour terminer les derniers vers de sa poésie, donc qu’elle offrit à sa soeur, « la mélodie de Sainte-Cécile » : « Cécile, prête-moi ta douce mélodie. Je voudrais convertir à Jésus tant de cœurs. Je voudrais comme toi sacrifier ma vie. Je voudrais Lui donner et mon sang, et mes pleurs. Obtiens-moi de goûter sur la rive étrangère le parfait abandon, ce doux fruit de l’amour. O ma sainte chérie, bientôt loin de la terre, obtiens-moi de voler près de toi sans retour. Bien, j’en profite pour souhaiter à toutes celles qui se prénomment Cécile et puis à tous ses protégés en particulier nos musiciens et choristes.