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50600 Saint-Hilaire du Harcouët Paroisse du diocèse de Coutances et Avranches (Manche) |
4e dimanche de l’Avent (C)
Homélie de Père Vallançon
La rencontre entre Marie et sa cousine Elisabeth provoque un éclatement de joie. Jean-Baptiste d’abord, encore dans le ventre de sa mère, tressaille de joie ; à ce moment, Elisabeth est remplie de l’Esprit-Saint et elle exprime son bonheur. Marie aussi ensuite va chanter son chant de joie : le Magnificat. Et cette joie vient avec l’Esprit Saint et la présence de l’enfant Jésus La présence cachée mais rayonnante de l’enfant Jésus, encore en Marie ; la descente du Saint Esprit, voilà ce qui provoque la joie, voilà ce que Marie apporte à Elisabeth.
Et nous voyons Jésus, encore dans le sein de sa mère, qui agit déjà pour communiquer la joie.
Dès que la Vierge Marie a reçu cette grâce incomparable d’être remplie de l’Esprit-Saint et d’être la mère de Dieu, elle ne garde pas pour elle-même ces richesses : elle se met en route, "rapidement" même, précise saint Luc.
Marie ne retient pas pour elle-même les dons de Dieu. Elle les communique. Déjà, elle est non seulement mère de Jésus, mais mère de l’humanité. Sa maternité divine qui commence au jour de l’Annonciation, déclenche en elle sa maternité spirituelle : elle part en mission.
Elle porte en elle la plénitude de l’Esprit-Saint, qui la couvrit de son ombre et conçut en elle le Fils de Dieu. Elle porte en elle, non seulement la plénitude de l’Esprit-Saint, mais Jésus lui-même. Jésus et l’Esprit Saint, qui viennent toujours ensemble, sont un feu brûlant en Marie. Elle ne reste pas chez elle à Nazareth pour en jouir en solitaire. Elle communique ce feu, cette vie. Nous disons de Jésus, dans le Credo : "par l’Esprit-Saint, il a pris chair de la Vierge Marie".
La grâce de Dieu en nous aussi vient toujours de l’Esprit Saint, par la Vierge Marie. Marie est le canal par lequel la sainte Trinité établit sa demeure en notre humanité. En ce jour, à peu de temps de Noël, admirons la sainte Vierge, comblée de grâce. Reconnaissons-là comme notre mère. Elle nous donne la vie divine. L’enfant Jésus qu’elle porte, l’Esprit Saint dont elle est comblée, elle nous les communique. Elle est la mère de la croissance de la vie divine en notre âme.
Et elle crée en nous le même mouvement qui l’habite. La descente du Saint-Esprit en notre âme nous pousse aussi à communiquer à tous ceux qui nous entourent l’amour dont nous sommes aimés. "Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement." Le signe qu’une personne ne s’approprie pas les dons de Dieu comme son bien propre, le signe qu’un chrétien reste vraiment humble sous les dons de Dieu, c’est qu’il est missionnaire, qu’il se met en route rapidement vers ses proches pour leur porter l’amour qui l’habite. Le but de Dieu n’est pas uniquement de nous enrichir individuellement. Le but que Dieu poursuit, c’est l’édification de son Eglise, la croissance du Corps du Christ.
Est-ce que vraiment la foi est en nous, non pas comme une richesse qui nous appartient en privé, qui nous pousse à prier en solitaire au fond de notre chambre, mais considérons-nous vraiment que cette foi qui est en nous nous est donnée pour l’édification de l’Eglise, pour qu’elle rayonne, pour être redonnée aux autres.
Et dans notre société où la foi est devenue quelque chose de très privé, où elle n’a pratiquement plus d’expression dans l’espace public, même dans nos relations mutuelles, eh bien le risque est grand que ce feu qui est en nous s’éteigne, faute d’être communiqué. Le don que Dieu accorde est fait pour la mission Saint Paul lui-même est un grand témoin, après la Vierge Marie, de ce dynamisme de la charité : "la charité du Christ nous presse", dit-il. Les évêques de France, en écrivant aux communautés chrétiennes, dernièrement, invitent tous les baptisés à être sensibles à cette charité du Christ qui les pressent pour témoigner de cette charité, particulièrement, est-il écrit, "auprès des isolés ou des voisins dont la pauvreté muette a besoin d’un geste fraternel". Et nous sommes ainsi conviés, durant ce temps de Noël, à chercher à rendre une visite, de façon très simple, autour de nous, pour de cette façon, témoigner auprès de ceux qui nous entourent, particulièrement les isolés, les voisins dont la pauvreté muette a besoin d’une visite, leur témoigner que Dieu s’est fait proche. Au cours de cette Eucharistie, demandons à Marie, mère de Jésus, mère de l’Eglise, mère de la vie divine, demandons-lui de nous communiquer cette flamme qui l’habite, ce rayonnement de la foi qui est en nous, de manière à ce que nous témoignons autour de nous de cette charité du Christ qui nous est donnée.