Homélie du dimanche 15 novembre 2009
33ème dimanche du temps ordinaire
À l’approche de la fin de l’année liturgique, donc c’est dimanche prochain le Christ Roi et, depuis plusieurs années, nous commençons donc après la préparation à Noël, donc aujourd’hui nous sommes vraiment à cette fin d’année liturgique et nous avons entendu les textes bibliques prenant la tonalité de la fin du monde, la fin du monde créé. Ce sera un temps de détresse, dit le livre de Daniel, et l’Évangile : « en ce temps-là, une terrible détresse ». Et dans le même temps nous notons ce que dit la première lecture : « en ce temps-là viendra le salut de Ton peuple », et l’Évangile : « on verra venir le fils de l’homme sur les nuées avec grande puissance grande gloire. » Donc nous sommes au coeur de l’espérance chrétienne, nous vivons des choses difficiles, parfois mortifères, nous sommes témoins de graves dérèglements, nous côtoyons des situations d’injustice, tout près de nous, des familles des femmes des enfants sont pris dans les spirales de la pauvreté. Des échos du monde nous révèlent à quel point des milliers de personnes sont aux prises avec la faim, la maladie, l’insécurité, le manque d’avenir. Sans rêver à un grand soir miraculeux, nous constatons par ailleurs de belles solidarités vécues dans notre environnement proche ou ailleurs, et ailleurs dans le monde. Assurément, le levier qui permet de passer de l’état de détresse à l’aurore d’un salut porte un nom, c’est le nom amour, qui doit être décliné en charité, solidarité, proximité amicale, comme le rappelle le pape, « Dieu est amour, et cet amour prend le visage de quelqu’un, le visage de Jésus fils de Dieu et fils de l’homme, visage fraternel proche des petits et des exclus de la table commune, Jésus qui s’offre en sacrifice pour que chacun soit réconcilié et sauvé. Voilà où s’enracine notre espérance chrétienne, dans cette proximité de Dieu vis-à-vis de chacun au point de se glisser en nous, pour que nous soyons, et son amour, et son regard et sa passion de la justice, et sa volonté de sauver comme disait le pape Jean-Paul II : « l’Homme est tout homme. »
Ce troisième dimanche de novembre est la journée nationale du secours catholique, je pense que la commémoration de l’armistice tombe ce jour là, c’est une invitation pour chacun à passer de cet amour de Dieu qui nous habite à l’amour des autres, donc aux solidarités humaines. On peut imaginer que dans la vigne du seigneur, chacun de nous est ce figuier dont parle l’Évangile, arbre fragile porteur de feuilles certes, mais peut-être en manque de fruits d’amour. Cette année, le secours catholique nous invite à une attention particulière : femmes, pauvreté, solidarité. Ces trois mots qui nous sont donnés à retenir et surtout auquels nous devons réfléchir. Elles aussi femmes, épouses, mères, peuvent être comme le figuier, empêchées de s’épanouir, de développer leur famille, à cause d’un terrain de vie trop pauvre, ou parce que le soleil de l’amour est trop rare. Et pourtant elles développent de belles feuilles tendres, ces mères courage, ces mères qui donnent la vie, l’éducation.
Au terme de cette petite méditation, nous retenons l’idée-force que le fils de l’homme se fait tout proche, qu’Il a entendu la parole de Dieu Moïse : « j’ai vu la misère de mon peuple, je connais ses angoisses, je suis descendu pour le délivrer. » Ces paroles tirées du livre de l’exode se continuent par une invitation à notre engagement : « va, je t’envoie » Nous voici donc envoyés comme le bon samaritain auprès de l’homme blessé, ne soyons pas le prêtre et le lévite, qui se disent, qu’est-ce qui va m’arriver, qu’est-ce qui va m’arriver, si je le touche ! Mais soyons plutôt le samaritain qui se dit, qu’est-ce qui va lui arriver à lui cet homme si je ne le touche pas. Et nous savons que ce samaritain c’est le Christ Jésus, ce peut être aussi chacun de nous, touché d’abord au plus profond de nous-mêmes, dans nos entrailles, puis nouer le contact et aider cette personne, ces personnes, à sortir de l’état de blessures et de précarité dans lequel ils sont. Si nous ne pouvons pas toujours changer rapidement les situations difficiles, y compris dans nos familles, nous pouvons déjà changer notre regard sur les personnes que, le fait que des personnes en pauvreté, en précarité reçoivent la communication de l’Évangile à travers notre aide amicale, et bien, est un des signes de la présence du Christ Sauveur au milieu de nous.