Homélie du dimanche 13 septembre 2009 ( rentrée du catéchisme à l’abbaye de Savigny)
Fête des Saints de l’abbaye de Savigny.
Dans la reconstitution historique que nous avons réalisée cet été, au moment où Vital quittait la cour du comte de Mortain, pour s’enfuir dans la solitude, et chercher Dieu seul, nous entendions en musique, en arrière plan, cette mélodie tirée de la musique des moines, que je vous rechante. « Libera me domine de morte eterna » Et on retrouvait ce refrain, quand les premiers compagnons arrivent, et également quand tous les moines, en geste, en signe, du monde qu’ils quittent, et de la vie nouvelle qu’ils trouvent, se revêtent de l’habit monastique. Et les plus anciens parmi vous, et aussi ceux qui comme moi ont étudié cette musique grégorienne, savent que cette pièce vient de la messe des morts, où l’homme supplie Dieu : « délivre-moi, Seigneur de la mort éternelle. Libera me domine de morte eterna. » Voilà ce qui a pu pousser les moines à quitter tout, même des situations avantageuses dans le monde, pour vivre la vie monastique. On n’a pas idée aujourd’hui, comment il est possible que des hommes en si grand nombre, et en si peu de temps aient eu cette motivation intérieure pour adopter la vie monastique dans des conditions vraiment précaires. 140 était le nombre des disciples de Vital au bout de quelques années, et nous savons qu’en ce lieu, il y a eu plus de trois cent cinquante moines. Au début du XIIème siècle, la vie monastique suscitait une telle fascination, que des hommes en nombre si grand, embrassaient la vie monastique. Alors, qu’est-ce qui a pu les pousser, qu’est-ce qui a pu les décider a prendre une décision aussi radicale ? Hé bien c’est cet appel : « délivre-moi Seigneur de la mort éternelle. » Les moines savaient que non seulement ils ont un but terrestre dans leur existence, mais surtout, ils ont un but éternel. Sur notre vie humaine, se greffe un nouveau but qui est la vie après la mort. Ces moines savaient qu’ils allaient mourir, et nous savons que tous nous mourrons, et ils savaient aussi que à ce moment de leur mort, se jouerait le grand évènement qui allait être décisif pour eux : ou la mort éternelle, la damnation, ou le salut éternel, le bonheur avec Dieu. Et ils ont préféré renoncer à un bonheur terrestre pour assurer leur bonheur éternel. Souvent aujourd’hui, notre vie humaine est réduite à cet horizon terrestre, ce but terrestre : s’aménager sur terre un cadre de vie agréable, confortable, paisible. Et nous perdons de vue cet horizon supérieur qui est la vie éternelle, qui est que, les quelques décennies qui nous sont données à vivre sur la terre, sont peu de choses aux yeux de la vie éternelle, à laquelle nous sommes appelés. Et cette vie éternelle, nous la préparons dans les décisions que nous prenons sur terre. Nous préparons ici-bas, soit en choisissant Dieu, et en renonçant aussi à de nombreuses autres choses, pour vivre selon la volonté de Dieu, et à ce moment, pouvoir obtenir la vie éternelle auprès de Dieu et des Saints à notre mort, ou bien au contraire, se fermer à cet horizon de vie éternelle dès ici-bas, et ne pas connaître, au terme de notre vie sur terre, connaître le bonheur éternel. Connaître par contre le malheur éternel. Je vous invite donc à l’exemple et à la prière, à l’intercession des Saints de Savigny, qui aujourd’hui sont vivants auprès de Dieu, et qui nous entendent, qui veillent sur nous, je vous invite donc à leur exemple à leur intercession, à demander de faire vivre en notre cœur cette espérance, et cette recherche de la vie éternelle.