Homélie du dimanche 13 décembre 2009
3ème dimanche de l’Avent
Le troisième dimanche de l’Avent est traditionnellement le dimanche de la joie, la joie du Christ qui nous est communiquée par sa présence, et bien sûr le degré d’intensité de cette joie dépend de l’accueil que nous faisons à celui qui frappe à notre porte et veut entrer pour que nous partagions, Lui avec nous, nous avec Lui. Cette joyeuse entrée du Christ dans nos vies est liée au baptême comme Jean-Baptiste nous le rappelle : « Lui le Messie, Lui Jésus vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. » L’image du feu, vous la connaissez, elle est appelée à développer les effets de l’action de l’Esprit Saint sur chacun de nous, et nous savons qu’elle est très variée dans ses significations, mais Jean-Baptiste ne développe ici qu’un seul aspect de cette activité. Le feu consume dans l’homme toutes les excroissances qui l’empêchent de s’ouvrir à la venue du Messie, donc du Christ Jésus. Non pas les riches ni leurs richesses mais leur suffisance, non pas les agents du fisc ni les impôts mais l’exaction injuste et l l’âpre passion du gain, non pas les soldats ni la carrière des armes mais les horreurs de la guerre et la soif du butin. Que le feu de l’Esprit Saint détruise et consume ne représente d’ailleurs dans la spiritualité que la part mineure de Son activité car Il ne saurait détruire sans construire pour remplacer, davantage même, Il ne détruit jamais avant d’avoir construit au préalable, avant de faire fondre les scories pour dégager un or très pur, le feu réchauffe et éclaire. Eh bien de même, l’esprit Saint qui est à l’oeuvre en nous, avant d’enlever de notre coeur ce qui ne peut subsister en même temps que la vie de Dieu, l’Esprit Saint réchauffe et adoucit, car c’est en mettant au plus profond de notre coeur une part de Sa douceur, et une part de Sa propre chaleur qu’à la longue Il transfigure, Il nous donne, Il nous fait comme baptisés des créatures nouvelles, c’est-à-dire fils et filles de Dieu, dont la prière est le souffle, se confondent sans cesse avec ceux de l’Esprit Saint au plus profond du cœur. Recevoir l’Esprit Saint, recevoir cet Esprit, et dans le feu, être baptisé dans l’Esprit Saint et dans le feu, cela nous est déjà arrivé une première fois à l’heure de notre baptême, mais la réalité profonde nous est demeurée encore cachée, dans notre coeur, et cependant l’Esprit de Dieu déjà là, comme nous le disions, avec Sa douceur et Sa chaleur, avec sa puissance aussi, prête à consumer tout ce qui nous sépare du royaume de Dieu. Nous prions donc pour que toute l’ardeur de l’Esprit de Dieu se déploie pleinement en nous, dans la communauté à laquelle nous appartenons, dans l’Eglise entière. Pour terminer, en hommage et en encouragement à nos sapeurs-pompiers, et à nous-mêmes bien sûrs, il y a cette histoire que vous connaissez peut-être d’un homme qui était privé de ses yeux et de ses mains, Jacques Lebreton, qui a été ordonné diacre il y a plusieurs années, malgré son handicap, parce qu’il s’était mis totalement au service des autres, et à un journaliste qui lui demandait : « d’où provient votre joie », il répondit : « vous savez, le grand problème de l’homme consiste à répondre à cette question, que fait-on sur terre ? Moi j’ai trouvé, dit-il, nous occuper des autres en partie, mais ça ne suffit pas, j’ai ouvert aux gens, j’ai ouvert aussi les gens au service des autres. Ils ont ainsi reçu une raison d’être car ils ont découvert l’amour, et il ajoutait, ce n’est pas l’action qui change le monde, c’est l’amour qu’on y met, qui féconde le travail et libère l’homme. » Hé bien, que cette petite perception nous aide à agir dans cet esprit comme le font nos chers sapeurs-pompiers.