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50600 Saint-Hilaire du Harcouët Paroisse du diocèse de Coutances et Avranches (Manche) |
10e dimanche du Temps ordinaire
Livre d’Osée 6,3-6 / Psaume 50,1.4.8.12-15 / Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 4,18-25 / Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,9-13
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Homélie de Père Vallançon

Pour commenter les textes de la parole de Dieu de ce jour, pour vous qui allez faire votre première communion particulièrement, je voudrais aujourd’hui vous raconter la vie d’un homme, un italien, qui s’appelle, qui s’appelle Pier Giorgio Frassati. Le pape Jean Paul Il l’a nommé bienheureux et patron des sportifs en 1990.
Nous connaissons bien Giorgio Frassati parce que sa sœur Luciana, décédée au mois d’octobre dernier, a écrit la vie de son frère puisqu’ensuite il est devenu un peu célèbre.
Pier Giorgio est né à Turin en Italie en 1901. C’est un garçon d’un tempérament passionné : quand il devient étudiant, il s’engage en politique, dans l’Action catholique, et aussi dans les conférences de Saint Vincent de Paul, une œuvre de solidarité. Pier Giorgio aime la vie, il suscite partout autour de lui l’amitié des garçons et des filles qu’il rencontre. Il organise avec eux chaque fois qu’il le peut de grandes excursions en montagne. Il est émerveillé de la beauté de la création au cours de ses randonnées. Pier Giorgio aussi aime s’amuser. Avec ses amis, il a fondé un groupe qui a pour nom : La Compagnie des types louches. Et ils ont pour devise : « A nous , il n’est pas permis de vivoter ; vivre est notre devoir ! Trêve donc à toute mélancolie ! » Cette compagnie existe toujours aujourd’hui, et elle a même son site Internet ! http://www.tipiloschi.com/
Mais la vie en famille Pier Giorgio n’est pas toujours facile. Son père, Alfredo, est le directeur d’un grand journal qu’il a fondé : La Stampa. C’est un homme riche, qui a beaucoup de relations sociales, assez orgueilleux de sa position prestigieuse. Il est autoritaire avec ses enfants. Il aurait rêvé que Pier Giorgio reprenne son journal, mais l’enfant n’est pas très doué à l’école et il préfère l’amitié simple, le contact avec la nature que les longues soirées avec sa famille et les amis de son père, qu’il trouve très ennuyeuses. Du coup son père l’humilie souvent et le traite un peu comme un incapable. M. Frassati est même ensuite nommé sénateur, puis ambassadeur d’Italie à Berlin. Tout semble lui réussir : argent, honneurs, mais il ne comprends rien à son fils, et ce n’est pas un homme heureux. Sa femme, Adélaïde, n’est pas très heureuse non plus. Même si elle passe son temps en soirée avec du beau monde, son mari s’intéresse plus à son travail, à ses relations sociales qu’à son épouse et sa famille. Et du coup, elle compense avec ses petits loisirs : elle fait beaucoup de peinture. Mais elle s’isole. Les relations conjugales sont de plus en plus tendues. Pier Giorgio voit que ses parents ne se parlent pas beaucoup, et même se disputent. Malgré cela, il respectera toujours ses parents. Son père ne croit pas en Dieu. Il ne s’intéresse pas du tout à la religion, mais dans les milieux bourgeois, il est important que les enfants aient quand même, pour faire bien éduqué, une éducation religieuse. Il a inscrit Pier Giorgio et sa sœur à l’école catholique de Turin. Mais là, dans cette école catholique, Pier Giorgio s’éveille à l’amour de Dieu et à la foi. Petit à petit, prier devient la respiration naturelle de ses journées. C’est une véritable victoire quand, à 17 ans, Pier Giorgio obtient la possibilité de communier chaque jour. Jusque là, sa mère y etait opposée, méfiante face à de ce qu’elle prend pour de la dévotion excessive. Elle préfèrerait que son fils se contente d’une religion superficielle. Et donc à partir de dix-sept ans, Pier Giorgio emprunte l’escalier de service pour se rendre à la messe avant sa journée de cours. L’eucharistie devient le centre de sa journée. Même lorsqu’il part en excursion en montagne, il y reste fidèle, il se lève très tôt le matin. Il vit la messe avec beaucoup de recueillement. Et au contact de Jésus Eucharistie, Pier Giorgio est aussi saisi de compassion pour la misère des pauvres, pour la souffrance des autres. L’amour du Cœur de Jésus blesse le cœur de Pier Giorgio et l’ouvre aux autres, le rend sensible à la misère des autres. Il a écrit cette phrase merveilleuse : « Jésus me rend visite chaque jour par la Communion, et moi, je la Lui rends bien modestement en visitant Ses pauvres ». Un jour, un pauvre ouvrier sonne à la porte de la maison familiale. M. Frassati le renvoie avec mépris parce qu’il sent l’alcool. Et Pier Giorgio s’écrie : « c’est peut-être Jésus qui nous l’envoie ! » Son père ne comprend pas. Son esprit est tourmenté par la misère qu’il découvre et dès qu’il le peut, il va rejoindre les plus pauvres de la ville de Turin pour leur venir en aide. Il va même récupérer les fleurs dans les grandes réceptions organisées par les parents pour les porter sur les cercueils des pauvres au moment des inhumations. Il économise son argent, et donne tout ce qu’il a, à ceux qui n’ont pas de quoi vivre. Tout ce qu’il peut comme argent et ce qu’il a, il le donne à ceux qui n’ont pas de quoi vivre. Et il offre aussi à ces pauvres non seulement son argent, mais son amitié, son écoute. Mais sa famille ne sait pas tout ce temps qu’il passe auprès des pauvres de la ville.
Mais, même si Pierre Giorgio va à la messe chaque jour, s’il lui arrive de réciter le chapelet visiblement en marchant dans la rue, s’il lui arrive aussi d’inviter explicitement en conversation ses amis à vivre unis à Jésus. Il leur parle de Dieu. Malgré cela, Pier Giorgio est respecté par les autres jeunes qui l’entourent. Ils ne le considèrent pas comme quelqu’un qui fait des beaux discours, comme une grenouille de bénitier, quelqu’un qui ne sait pas s’occuper sans être avec des curés. Si Pier Giorgio est très pieux, s’ il vit à fond sa foi, en même temps, c’est un jeune qui aime passionnément le sport en montagne, il aime s’amuser et rire. Mais lorsqu’une une plaisanterie ou une conversation dérape dans la vulgarité, il ne se gêne pas pour l’interrompre net. Mais il ne fait pas cela en donneur de leçon. Ses amis sentent bien que s’il fait cela, c’est parce qu’il est follement amoureux de la beauté, de la grandeur, de la pureté. Il y a en lui un sens de l’absolu de Dieu, un sens du beau, du beau qui lui donne le dégoût de tout ce qui est grossier et vulgaire. Et puis ses amis l’estiment aussi parce que Pier Giorgio est toujours prêt à rendre service. "Je suis à votre entière disposition", répète –t-il souvent . L’amour du Christ l’ouvre à l’amour des autres. Mais pour Pier Giorgio comme pour chacun de nous, cultiver ces vertus qui donnent à l’âme sa beauté et sa puissance de rayonnement, ce n’est pas instinctif, c’est un combat. Ecoutez cette belle phrase de lui sur l’eucharistie : « Mangez ce pain des anges, et vous y trouverez la force pour mener les combats intérieurs contre les passions et les épreuves... Car le vrai bonheur ne consiste pas dans les plaisirs du monde ou dans les choses terrestres, mais dans la paix de la conscience, que nous ne pouvons obtenir si nous sommes purs de coeur et d’esprits ».
À 24 ans, alors qu’il visite une des familles pauvres qu’il a l’habitude de rencontrer, il attrape une maladie : la poliomyélite. Alors inguérissable et il est foudroyé en 6 jours. Il meurt à 24 ans le 4 juillet 1925. Et lors de ses obsèques, plus d’un millier de personnes seront présentes : surtout des pauvres qu’il avait secourus. Et c’est une grande surprise pour sa famille qui ne savait pas toute son activité auprès d’eux.
Chers enfants qui allez faire votre première communion aujourd’hui, juste après, je voudrais vous laisser en souvenir ce visage de Pier Giorgio Frassati. Vous pourrez voir sur le site Internet de la paroisse une photo de lui où on le voit éclatant de rire et une autre où on voit son beau visage viril et humble, joyeux, plein de vie et intériorisé. Je voudrais vous inviter à être comme lui des enfants pleins de vitalité, aimant passionnément la vie, amoureux du sport et des amitiés. Vous pourriez aussi pourquoi pas fonder aussi comme lui, à St-Hilaire, une Compagnie des types louches !! Et en même temps je voudrais vous inviter, comme Pier Giorgio et avec ses amis, à être véritablement épris d’amour pour Jésus et pour la Sainte Eucharistie. Demandez cette grâce maintenant à la Vierge Marie : que la Sainte Eucharistie devienne le soleil de vos journées et de vos semaines, pour que vous découvriez l’absolue nécessité de la recevoir au moins chaque dimanche pour vivre de Jésus-Christ. Vous découvrirez ainsi que la joie de vivre, la vitalité, l’amitié ne peuvent se renouveler qu’en puisant son énergie dans l’amour de Jésus, qu’Il nous donne dans son Eucharistie. En dehors de Lui, sans l’Eucharistie, notre vie sur terre n’est que distraction dans des plaisirs qui ne donnent pas la joie et ne construisent pas l’amour.
