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50600 Saint-Hilaire du Harcouët Paroisse du diocèse de Coutances et Avranches (Manche) |
Evangile des noces de Cana
Vous vous demandez peut-être pourquoi on a choisi cet évangile pour la messe de Louis et de Zélie MARTIN. C’est une belle page qu’on connaît bien. Mais elle est surprenante, on peut la lire comme ça en disant : ben c’est une noce, quand je regarde aujourd’hui ceux qui préparent les noces, le soin qu’ils apportent à la fête, au choix des vins et tout ça… On s’arrange aujourd’hui pour qu’on ne manque pas de vin, on penserait que ce serait raté, si on n’avait pas fait les bons choix. Et dans cette scène, il y a tout une catéchèse, tout un enseignement. Tout d’abord, la mère de Jésus est là. Première présence, qu’est-ce que ça veut dire. Jésus est là, et avec ses disciples. Pourquoi, est-ce qu’Il connaissait les mariés. Et puis, la noce est formidable, mais on manque de vin. Qu’est-ce que c’est que ces gens là qui ne savent pas préparer la fête des noces. Qu’est-ce qu’ils sont. Et, on voit le rôle de Marie. Marie tire la manche de Jésus, pour lui dire : ben y a un problème. Jésus lui dit : écoute, occupe-toi de tes affaires. Et Marie dit aux serviteurs : faites tout ce qu’il vous dira. Et qu’est-ce qui se passe ? Il y a là six cuves qui contiennent chacune cent litres. Cent litres, vous avez entendu ! Et Jésus va changer en vin six cent litres d’eau ! Et pas du pique-rate, mais du bon vin. On va le porter au chef de table, qui le goutte, qui fait : d’où ça sort ? C’est mieux que le bordeaux, que le saint Emilion, ou n’importe quel autre vin, c’est de l’excellent vin, six cent litres ! Il y a un excès quand même là dedans, et ça en ajoute après, il fait venir le marié en lui disant : mais qu’est-ce que tu fais ? Quand les gens ont les papilles gustatives un peu usées, on amène le moins bon vin, toi c’est à la fin du repas, tu amènes de l’excellent vin, le meilleur, et, on ajoute : tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. La clé de lecture de ce texte là, c’est l’Eglise. La noce dont il s’agit ici, c’est celle qui a été commencée avec Noé, quand il y a eu l’alliance, l’alliance, c’est le signe de l’union du mariage, c’est cette alliance qui a été célébrée dans la marche du peuple hébreu dans le désert, et qu’on va se rappeler la nuit pascale, et c’est cette alliance, que les prophètes dans l’ancien testament ne vont cesser de reprendre. Et ce bon vin, qui est là, c’est le bon vin de l’Amour, et vous voyez aussi que dans les actes de l’Eglise, il y a Marie, et qu’est-ce que fait Marie ? D’un côté, elle voit les besoins des hommes, nos besoins, et elle les dit a Jésus, et de l’autre côté, elle nous dit : faites tout ce que vous dit Jésus. C’est le commencement des signes accomplis par Jésus à Cana en Gallilée. Il manifesta Sa gloire et Ses disciples crurent en Lui.
Frères et sœurs ce soir nous sommes à Saint Hilaire, nous sommes aux noces de Cana. Le bon vin que Dieu nous sert, il est là, c’est Louis et Zélie. L’année dernière ou il y a deux ans, vous aviez l’excellent vin de Thérèse. J’espère que vous savez goûter le bon vin ! Si vous savez pas le goûter, vaut mieux prendre votre sac à main et aller à l’extérieur. Parce qu’au fond, en regardant Louis et Zélie, Jésus manifeste la force de Son Amour, dans le cœur d’un homme et d’une femme. De cette force d’Amour, que le sacrement de mariage nous invite à reconnaître, mais cette force d’Amour, elle est pour tous. Jésus manifeste Sa gloire pour que nous croyons en Lui. Alors autour de nous, dans notre monde, beaucoup d’hommes et de femmes n’entendent pas ce message de l’alliance, ce message des noces, indéfectible, indissoluble, qui sont noués entre le Seigneur et chacun de nous. A notre baptême, nous avons reconnu que nous étions des fils et des filles bien aimés du Père, bien aimés ! Pas des fils qu’un père ne voudrait pas reconnaître, ne voudrait pas aimer. Ce qui a fait la force de Louis et de Zélie, c’est cette certitude intérieure, que l’Amour du Seigneur leur était donné. Je ne l’ai pas dit tout à l’heure, mais Louis et Zélie ont mis du temps, à découvrir l’Amour du Seigneur. Quand Louis avait vingt ans, il a pensé que cet Amour devait l’emmener au monastère du grand saint Bernard, là haut dans la montagne, dans la séparation de la France et de l’Italie. Là le père abbé lui a dit : est-ce que tu connais le latin ? ben non, je connais pas le latin. Ah ici il faut savoir le latin. Louis est reparti. Il appris des leçons de latin pendant dix-huit mois, il a laissé tomber, heureusement parce qu’on aurait eu un saint moine à saint Bernard, mais on aurait pas eu Thérèse. Ca c’est l’humour du maître d’autel… Zélie, quand elle avait vingt ans, avec sa mère elle est allée voir la supérieure des sœurs de saint Vincent de Paul qui était à Alençon, pour dire qu’elle pensait à la vie religieuse. Elle y pensait parce qu’il y avait sa sœur aînée Marie Dosithée qui y pensait fortement et qui travaillait avec elle dans la dentelle. Et là, pour quelle raison, la supérieure des sœurs de saint Vincent de Paul lui a dit : vous n’avez pas la vocation. Bon, ils ont cherché. Louis a continué son métier d’apprentissage et à exercer celui d’horloger. Zélie s’est mise dans la dentelle, a suivi une formation professionnelle, difficile, mais de grand artisan en dentelle, et elle a appris le métier et s’est mise à le commercialiser. Plus tard, ils se sont mariés, on verra peut-être tout à l’heure que leur mariage aussi a été un apprentissage, mais quelle joie que, quand Zélie a déjà deux ou trois enfants, elle dit à sa belle-sœur : j’étais faite pour avoir des enfants, je veux avoir des enfants. Et elle dit aussi : qu’est-ce qu’il est bien mon mari ! Je souhaite le même a toutes les femmes. Ca doit rendre jaloux un peu les hommes qui sont là, et qui sont mariés, non ? peut-être, peut-être pas. Mais, ce qui a fait la force de Louis et de Zélie, cette certitude que leur alliance dans l’amour humain, dans la tendresse humaine, dans leur corps ou dans leur cœur, dans leur affectivité, dans les évènements joyeux comme dans la peine, c’est que leur amour avait une source, la source de Celui Qui fait le bon vin, Qui fait l’Amour, Dieu est Amour. Je souhaite frères et sœurs, que ce témoignage de Louis et de Zélie, vous aide chacun, à croire à la force de l’Amour dans vos vies, quelque soit nos âges, quelque soit nos problèmes, quelque soit nos situations par rapport à l’Eglise. Ce qui nous a beaucoup frappé à la béatification à Lisieux, c’est que beaucoup de couples, qui ne sont pas des couples normaux, suivant les critères de l’Eglise, ont prié, et o,t trouvé la force auprès de Louis t de Zélie. Nous ne sommes pas aimés de Dieu parce que nous sommes aimables, Il aime chaque personne inconditionnellement quelque soit sa situation, quelque soit son rang, quelque soit sa force ou sa faiblesse. Le signe de l’alliance, il est pour chacun. Enfin, Louis et Zélie ont trouvé cette force de l’alliance dans l’Eucharistie, c’est ce que nous allons célébrer. Pour eux l’Eucharistie tenait une place primordiale, quotidienne. Louis poursuivait cette place de la messe par l’adoration du Saint Sacrement. Pour l’un et pour l’autre, l’Eucharistie n’était pas un rite, elle était une présence, la présence de Celui Qui à Cana a manifesté Sa gloire. Que Louis et Zélie nous entraînent comme dira leur fille à aimer Jésus et à Le faire aimer.