Homélie du 28 juin 2009
13ème dimanche du temps ordinaire
La réputation de Jésus comme guérisseur commençait à se répandre dans le pays de Judée, et en particulier dans le pays de la Galilée. Aussi, un chef de synagogue nommé Jaïre, dont la petite fille était prête de mourir, se décida à venir trouver Jésus. "Ma petite fille est à toute extrémité, viens lui imposer les mains, pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. "
Jésus ne dit pas oui, mais Il ne dit pas non, et surtout, Il ne se presse pas. Il continue Son chemin, en continuant de parler, et d’enseigner les gens qui l’entourent, et qui, dit le texte, étaient très nombreux. Si bien que, au bout d’un moment, on vient dire à Jaïre en secret, en aparté, « A quoi bon déranger le maître, ta petite fille vient de mourir. » Mais, Jésus a entendu, ou deviné ces paroles, et Il dit au père éploré, « Ne crains pas, crois seulement ».
Repoussant l’invitation, qui déjà s’empare du voisinage, et de toutes les personnes de la famille comme c’était la coutume, surtout dans ces pays orientaux, prenant avec Lui simplement Ses trois apôtres préférés, et les parents de l’enfant, Jésus vient près d’elle, Il ne fait pas de discours, Il ne fait pas de simagrées, Il n’utilise pas de moyens extraordinaires. Il tend la main, et Il dit, « Talitha koum !! » Jeune fille lève-toi. Et elle se lève, et elle marche. Simplement, Jésus Qui ne perd jamais le sens des réalités, recommande de la faire manger.
Plusieurs fois, mes frères, dans l’évangile, nous lisons de semblables récits de miracles qui se déroulent de la même manière. Pas de précipitation, pas trop de témoins, pas beaucoup de gestes ni de paroles, et pas de triomphe une fois que l’affaire est faite. Seule une seule chose se retrouve à chaque fois, c’est l’appel à la foi. Au père qui demandait la guérison de son fils tourmenté par un démon, en disant à Jésus : « Si Tu le peux, viens à notre aide ». Jésus répondit tout simplement : « Tout est possible à celui qui croit. » Et aujourd’hui, Jésus dit à Jaïre, « Ne crains pas, crois seulement. » En présence du centurion Romain, donc païen, qui disait : « Je ne suis pas digne que Tu entre sous mon toit, mais dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri. » Jésus souligne que c’est là la raison et le fondement de tous Ses miracles. « Vraiment je vous le dis, jamais je n’ai rencontré une pareille foi en Israël »
C’est bien là en effet l’essentiel du message de Jésus. Jésus ne dit pas de paroles pour Se faire applaudir comme les grands chanteurs. Jésus ne fait pas de gestes étonnants et insensés pour marquer les esprits. Jésus fait simplement appel au cœur et à la foi, car c’est là le chemin de Dieu. Ce qui unit l’homme à Dieu, c’est la foi. Par la foi, l’homme s’ouvre à l’autre monde, à celui de Dieu, au monde qu’on ne voit pas, mais qu’on croit cependant exister et vivant, animé par Dieu Lui-même, rempli de lumière, de vérité, et d’Amour.
Dieu est tout puissant, et Dieu peut tout, même ce que nous, bien sûr, nous ne pouvons pas faire. Il y a pourtant dans le monde une chose, une seule, qui échappe à la volonté de Dieu. C’est la volonté de l’homme. Et c’est de Sa faute, à Lui, Dieu, car lorsqu’Il a crée l’homme après avoir crée toutes les autres créatures, dont le texte de la bible nous dit qu’elles étaient belles et bonnes, et que Dieu était très content de Son ouvrage, Il a voulu, en le couronnant, en créant l’homme, à la différence de ce qu’Il avait fait pour les autres créatures, le faire à Son Image, c’est-à-dire intelligent, volontaire, et libre. C’est évidemment de là que viennent tous nos malheurs, car hélas, aidés sans doute par le démon, les hommes ont utilisé cette volonté et cette liberté, non pas dans le sens que Dieu leur proposait, mais dans le sens contraire, pour s’exalter eux-mêmes, pour montrer qu’ils étaient comme Dieu. C’est ce que le démon avait dit à Eve, et qu’ils étaient bien capables de vivre en se passant de Dieu. Alors, il n’y a qu’une seule voie pour en sortir. C’est la foi. C’est de retrouver le chemin de Dieu, de comprendre que cette volonté et cette liberté que Dieu nous a donné sont en effet à Son Image, mais pas pour aller contre Lui, au contraire, pour aller vers Lui, pour Le rencontrer, pour Le comprendre, ce qu’on peut en comprendre, et pour partager Son Amour. Par la foi, l’homme reconnaît Dieu, non pas comme quelque chose de puissant, comme une machine à faire des miracles, mais comme le Dieu à la fois tout puissant et tout Amour. Et l’homme éprouve à ce moment là que lui, volontaire, intelligent et libre comme Dieu, il est par là devenu fils de Dieu. L’homme croit dans la foi que Dieu est Amour, et que Dieu est son Père. Et cela change toute la vie des hommes, et toute l’histoire du monde, car tous les évènements que nous vivons, nouveaux internationaux, ou personnels, doivent pour nous, être signes de l’Amour de Dieu, et autant qu’il est possible, imprégnés de cet Amour de Dieu. Hélas, il arrive, bien sur, que malgré sa foi, l’homme soit malheureux, dévoyé, pécheur, qu’il …….et se trompe de route, et hélas avec lui en trouve d’autres, et en entraîne d’autres, qui languissent loin de la lumière et de la paix que Dieu leur propose. Si alors, il réfléchit tout d’un coup, s’il émet de moindre désir de faire la lumière dans sa vie, de revenir sur le bon chemin, et de reprendre vaillamment la route, aussitôt, le Seigneur vient vers lui, et aussitôt le Seigneur dit et redit autant de fois qu’il le faut : « Talitha koum » lève-toi et marche. La seule chose qui est requise pour cela, c’est tout simplement : »Ne crains pas, crois seulement ». L’homme qui croit est deux fois libre. Une première fois parce que Dieu l’a crée …, mais sachant bien que cette liberté, il peut l’employer hélas pour s’éloigner de Dieu. Une deuxième fois, parce que celui qui a foi dans l’Amour de Dieu sait qu’il est libre, mais cette fois-ci libre de tous les liens de la terre, de tous les liens de la société peut créer autour de lui, et de tous les mauvais chemins que l’on fait miroiter à ses yeux, et sur lesquels l’on veut l’entraîner. Alors, dans la foi, il se réfugie en Dieu. Aucun homme n’est perdu tant qu’il reste au fond de son cœur, un tout petit zeste, une toute petite graine de la foi. Rappelez-vous cette parole que je vous ai déjà cité dimanche dernier, mais tant pis, acceptez-là une deuxième fois, « la foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez à cette grande montagne qui est là sur le rivage, déracine toi, et va te planter dans la mer, et elle vous obéira. » Que dire, après de pareilles paroles qui, bien sur, nous étonnent. Très souvent, après avoir guéri quelqu’un, la plupart du temps, Jésus ne trouvait à ajouter que quelques mots. Et ces quelques mots, c’était « Va, ta foi t’a sauvé, va en paix. » Amen.