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50600 Saint-Hilaire du Harcouët Paroisse du diocèse de Coutances et Avranches (Manche) |
3ème dimanche du temps ordinaire
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 4,12-23.
Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean Baptiste, il se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord du lac, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète Isaïe : Pays de Zabulon et pays de Nephtali,route de la mer et pays au-delà du Jourdain,Galilée, toi le carrefour des païens : le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre et de la mort, une lumière s’est levée. A partir de ce moment, Jésus se mit à proclamer : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. » Comme il marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac : c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. Plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans leur barque avec leur père, en train de préparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent. Jésus, parcourant toute la Galilée, enseignait dans leurs synagogues, proclamait la Bonne Nouvelle du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Homélie du père Vallançon
Nous accueillons aujourd’hui des jeunes qui vont se marier cette année dans le doyenné. Il y a aussi plusieurs foyers chrétiens qui les accompagnent dans leur préparation. Je vous propose donc pour aujourd’hui quelques réflexions sur le sacrement du mariage et la signification de la vie conjugale pour l’Eglise. Il est vrai que nous avons peu l’occasion d’aborder la question au cours de l’homélie. Commençons par constater que la communauté conjugale est créée à partir du moment où se lient l’un à l’autre publiquement un homme et une femme. Il y a ce caractère public qui est vécu au cours de la célébration du mariage, qui est essentiel aussi à la création de la communauté conjugale. On tente, aujourd’hui, à faire du mariage, une réalité purement privée. On sait que l’on pourra peut-être prochainement divorcer devant le notaire. Il n’y aura plus de décision de justice peut-être. Et donc, certains analystes ont montré ce danger : il n’y aura plus de rapport avec la législation qui établit la société. Et c’est une tendance globale dans notre société : chacun, individuellement peut envisager sa vie conjugale d’une façon purement privée, comme il l’entend, sans que soit prise aussi en compte la responsabilité à l’égard des autres. Or, ce que chacun fait de sa vie, a nécessairement une influence sur les autres. Et on ne peut se résigner à ce que la vie conjugale soit abandonnée au domaine strictement privé. Et d’ailleurs, ce n’est pas possible puisque nous vivons en société, et que les décisions que je prends pour moi, ont aussi, qu’on le veuille ou non, une responsabilité à l’égard des autres. Il nous faut, donc plus que jamais défendre cette institution du mariage, et l’importance de célébrer le mariage à la mairie, puis, à l’église. Ce que je fais de mon corps, ce que je fais de mon cœur, ce que je fais de ma famille, ne me concerne pas que moi tout seul. La communauté humaine dans son ensemble est influencée par ma manière de vivre. Et, je vais prendre un exemple concret pour l’illustrer : si le mari rends sa femme heureuse, elle sera aussi plus efficace dans son travail, détendue et aimante avec ses enfants. Si une femme épanouit son mari, il aura de la joie à s’investir à l’égard des enfants. Il ne vivra peut-être pas son travail professionnel comme un échappatoire, et il aura une qualité relationnelle qui lui profitera même professionnellement. Et donc, cette fracture que nous constatons aujourd’hui entre le domaine purement privé et la responsabilité à l’égard des autres, rend aussi difficile de comprendre que l’Eglise ait un message à délivrer sur le mariage. Oui, la société et l’Eglise ont légitimement quelque chose à dire aux conjoints sur la façon de mener leur vie conjugale. Et ce dont je voudrais essayer de vous convaincre, c’est que ce n’est pas pour l’Eglise être autoritaire, ce n’est pas une sorte de pouvoir du pape de régenter tous les domaines de la vie par des normes imposées du dehors. La morale conjugale, c’est aussi le bonheur du couple. Reconnaissons-le, ce qui abîme le plus l’intimité des époux, c’est l’égoïsme. Chacun va chercher à user de l’autre pour sa satisfaction individuelle. S’ouvrir à un message qui vient du dehors, penser aussi sa vie conjugale comme une responsabilité à l’égard de la société, c’est également empêcher qu’elle soit uniquement deux égoïsmes côte à côte. Et au fond, c’est peut-être ça qui va sauver la vie conjugale et lui permettre de s’épanouir : prendre conscience de la responsabilité qu’est cette communauté conjugale pour la société et pour l’Eglise.
La psychologie masculine et la psychologie féminine sont si différentes quand on y pense. C’est même quelque chose d’extraordinaire. C’est peut-être le grand chef d’œuvre de la création, ces deux modalités, la masculine et la féminine, dans la réalisation de l’unique nature humaine. Et c’est parce que l’homme et la femme sont si différents et en même temps si attirés l’un par l’autre que leur rencontre ne peut avoir lieu que dans une recherche continuelle l’un de l’autre. Au moment de l’échange des consentements, qui est le moment où l’homme et la femme vont recevoir le sacrement du mariage, l’homme s’engage vis-à-vis de sa femme en disant : « Je me donne à toi et je te reçois comme épouse ». Et la femme également dit : « je me donne à toi et je te reçois comme époux ». Il y a cette réciprocité. Le rituel exprime bien le don total de chacun à l’autre et l’accueil total de l’un par l’autre. Permettre donc à la relation conjugale de s’épanouir, voilà la grande mission que l’Eglise vous confie. L’Eglise a besoin du témoignage des personnes mariées. Elle a besoin du témoignage des personnes consacrées, des prêtres, pour dire la Parole de Dieu, pour célébrer les sacrements, mais en même temps le but de Dieu, ce n’est pas uniquement que la parole de Dieu soit dite, c’est qu’elle soit vécue. C’est pas que la Parole de Dieu soit simplement écrite sur un livre, auquel cas elle ne servirait qu’à une bibliothèque, mais c’est qu’elle soit inscrite sur les cœurs. Or, la relation conjugale est certainement le lieu où la vie humaine est vécue à son maximum d’intensité. Et voilà bien un témoignage que nous comme consacrés, nous ne pouvons pas rendre, c’est celui justement de la capacité de la grâce de Dieu, la capacité des sacrements à transformer le cœur de l’homme et de la femme. Et dans le témoignage des personnes mariées, nous pouvons justement voir que la grâce de Dieu sert à quelque chose, transforme véritablement quelque chose dans la vie. Reconnaissons que la vie humaine dans son ensemble est difficile puisque nous portons en nous des germes de péché qui rendent complexes notre relation humaine. Et si cette relation humaine vécue à son maximum d’intimité, d’intensité, dans la relation conjugale réussit, si elle s’épanouit, et bien il y a là un témoignage merveilleux pour le monde entier que la grâce de Dieu agit dans les cœurs, que Dieu est une personne vivante qui véritablement nous habite, nous transforme, nous sauve. Mais la grâce du sacrement du mariage qui est reçu à l’église, permet au Christ de venir sauver ce qui, dans l’homme et dans la femme, est péché et donc risque de bloquer la relation conjugale et l’empêcher de s’épanouir. Et Jésus, le Seigneur, a besoin à la fois du témoignage des prêtres et des consacrés et, en même temps du témoignage des personnes mariées. Donc le mariage, le sacrement de mariage, comme responsabilité missionnaire pour le monde. Le sacrement du mariage, au fond, est utile pour les deux conjoints. C’est peut-être cela qui leur permettra de vivre le pardon, de dépasser des moments de difficulté. Et le sacrement de mariage est tout nécessaire à l’Eglise pour qu’elle puisse rayonner dans tous ses charismes. Il faut que le témoignage de tous les baptisés puisse apporter à l’Eglise sa contribution originale de sorte que le Seigneur Jésus puisse être connu.
Confions maintenant dans cette eucharistie au Seigneur, ceux qui vont recevoir ce sacrement de mariage afin que la grâce porte dans leur cœur tout son fruit, et que l’Eglise soit enrichie par leur témoignage, par les enfants, que grâce à leur union, ils pourront donner à l’Eglise et à la société.