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50600 Saint-Hilaire du Harcouët Paroisse du diocèse de Coutances et Avranches (Manche) |
Quatrième dimanche de carême (laetare)
Frères et sœurs bien aimés, cet évangile que nous venons d’entendre ainsi que les lectures de ce dimanche, sont tout à fait providentielles comme une conclusion de mission et en même temps un envoi en mission. Parce qu’on sait bien que nous allons de commencements en commencements, et que aujourd’hui, d’une certaine manière commence aussi la mission. C’est providentiel parce que le thème dont il est question au travers des lectures, c’est le salut. Et quel est le but d’une mission paroissiale, la mission de l’Eglise de façon générale, si ce n’est le salut, annoncer le salut, annoncer que l’homme n’est pas livré simplement à ses propres défauts, à ses propres limites, à ses propres péchés, mais qu’il y a une ouverture, un renouveau, une vie qui est possible. On le voit très clairement dans cette annonce que le Seigneur fait. Hé bien chacun aura à se positionner par rapport au salut. Et ceux que nous avons rencontré dans cette mission, et ce n’est pas simplement le privilège de la paroisse, et c’est de façon générale un esprit qui règne dans notre pays, c’est que beaucoup ne voient pas la nécessité d’un salut, tout simplement parce que beaucoup ne voient pas où est le péché. J’ai rien fait de mal, j’ai pas tué père et mère, j’ai pas volé, j’ai rien fait de mal, je n’ai pas besoin donc d’être sauvé. Et ce long rapport en un style c’est précisément ça, c’est que le salut n’est pas une bonne nouvelle, ou n’est plus une bonne nouvelle, tout simplement parce qu’on ne prend pas assez conscience de notre fragilité, et du besoin que l’on a du Seigneur. On s’est comme enfermé dans nos sociétés, dans cette auto contemplation, autosatisfaction de nous-mêmes, où chacun est réduit au fond à se laisser regarder face à lui-même, mais n’accepte pas le regard et la lumière de Dieu. Parce que nous aurons à nous positionner face au salut. C’est ce que dit le Seigneur dans l’évangile, « Dieu a tant Aimé le monde qu’Il a donné Son propre Fils ». Mais celui qui ne croit pas, celui-là a déjà son propre jugement. Oui, nous serons jugés, non pas que le Seigneur veuille de façon arbitraire nous classer entre bons et méchants, mais nous serons jugés en fonction de la manière dont nous avons réagi face à la proposition du salut que le Seigneur nous donne. L’homme est comme quelqu’un qui se noie. Il y a ceux qui tendent la main pour essayer de trouver à la surface quelqu’un qui va les sortir des flots, et il y a ceux qui, dans leur orgueil préfèrent ne pas dépendre, préfèrent ne pas demander de l’aide et disent au fond : « je vais vers mon propre destin ».C’est cela que le Seigneur au fond manifeste à travers la première lecture lorsqu’Il dit à travers cette parole, hé bien : « le Seigneur a livré le peuple d’Israël aux Babyloniens ». Nous avons du mal à comprendre cette parole, et qui je pense se répète dans l’ancien testament : « le Seigneur a fait que le peuple d’Israël souffre…le Seigneur a fait ceci.. a fait cela… » .C’est un peu comme si, et beaucoup d’entre vous sont parents ou grands-parents, hé bien on dit à un enfant : « écoute, t’approche pas du feu » Hé bien s’il s’approche,hé bien forcément il se brûle. Et la bible dit, hé bien, le Seigneur a permis qu’il se brûle, tout simplement pour rappeler que nous sommes, d’une certaine manière, et nous subissons les conséquences de nos propres actes. Si nous nous détournons de Dieu, comme Israël s’est détourné de Dieu, on le voit dans la première lecture, et l’histoire d’Israël c’est notre propre histoire, hé bien, si l’on se détourne de Dieu, on est livré évidemment aux forces du mal. On est livré à notre propre péché, on est livré aux flots qui nous engloutissent. Alors, il y aura un choix à faire, il y aura un choix à faire, soit c’est se tourner vers le Seigneur, soit s’enfermer sur nous-mêmes, et ne pas demander de l’aide. Au fond, cette serpent de bronze dont parle le Seigneur, et qui fait allusion à Moïse dans le désert, qui a élevé un serpent de bronze, alors que beaucoup du peuple d’Israël étaient mordus par des serpents, suite à une révolte,hé bien ce serpent de bronze vers lequel il faut regarder, nous indique une attitude spirituelle. Lorsqu’on est blessé, spontanément on a tendance à regarder notre blessure, à nous replier sur nous-mêmes. Au contraire le Seigneur nous apprend à nous déployer pour regarder vers Lui. « Qui regarde vers Lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage » dit le psaume. Il y a cette attitude intérieure de ne pas se recroqueviller sur nous-mêmes, mais au contraire d’avoir cette audace de le regarder, de Lui montrer notre blessure. Et cette blessure, elle peut-être de plusieurs manières des blessures que l’on se cause parce qu’il y a des difficultés de relations, des souffrances dans les familles, des manques de délicatesse, que ce soit dans la famille personnelle ou dans la paroisse, hé bien, parce que la paroisse est une famille, et forcément en famille parfois, on a des difficultés à vivre ensemble. C’est tout naturel. Mais là ou il y a une bonne nouvelle, c’est que nous ne sommes pas livrés à nos difficultés de relations, nous ne sommes pas livrés à notre péché, nous ne sommes pas livrés à la morsure du serpent. Il y a un chemin qui s’ouvre chers frères et sœurs, il y a un chemin qui s’ouvre précisément parce que le Christ dans sa Passion et sa résurrection nous a tracé une voie alors que nous étions en face du mur dans une impasse. Il y a donc un choix chers frères et sœurs à faire à travers ces lectures de carême. Est-ce que oui ou non nous choisissons le salut, est-ce que oui ou non nous reconnaissons d’abord notre blessure, nous reconnaissons d’abord notre péché, que nous avons fait souffrir, que nous nous sommes fait souffrir nous-même, que nous n’avons pas répondu face à Dieu, Amour pour Amour, et que nous nous sommes parfois enfermés dans la révolte comme le peuple d’Israël au temps de Moise. Est-ce que nous avons reconnu cette attitude spirituelle, mais aussi, est-ce que nous nous sommes redéployés, est-ce que nous nous sommes relevés pour regarder vers celui qui peut nous sauver. Ils crucifieront Celui vers qui ils auront regardé. Hé bien, élevé de terre dit le Seigneur, hé bien je sauverai tous. C’est le désir que Dieu a de nous sauver. Il ne nous laisse pas livré à notre propre mesquinerie, à notre propre orgueil, Il nous ouvre toujours un chemin. Est-ce que nous avons foi dans cette bonne nouvelle que le Seigneur nous accorde. Et c’est ce que dit l’apôtre dans la deuxième lecture. « Dieu est riche en miséricorde à cause de Son grand Amour dont Il nous a aimés. Nous qui étions des morts, Il nous a fait revivre avec le Christ. » C’est le Seigneur qui a le dernier mot dans notre vie. Ce n’est pas nos péchés, nos défauts, notre orgueil. Ce n’est pas l’œuvre du démon qui a le mot. Au contraire, c’est le Seigneur Qui veut avoir le dernier mot, cela dépend que chacun, d’une certaine manière, choisisse son propre camp. Est-ce que je me met du côté de Dieu ou est-ce que je me laisse enfermer sous la domination de l’ennemi de Dieu, le satan. Demandons au Seigneur cette bonne nouvelle, cette foi dans la bonne nouvelle, parce qu’au fond c’est ça, accueillir le salut, c’est d’abord une attitude de foi, c’est d’abord une confiance que Dieu, malgré nos difficultés, malgré nos limites, et nous en sommes bourrés, plein de limites chacun dans la capacité d’aimer, dans la capacité d’accueillir l’autre comme différent, dans la capacité de pardonner, dans la capacité de croire, malgré nos limites, hé bien le Seigneur vient à notre rencontre et nous propose un chemin. Cela s’appelle la miséricorde. Miséricorde, c’est fait de deux mots, composé de deux mots, le cœur et la misère. Jésus est le cœur de Dieu pour la misère de l’homme. Et on voit bien qu’à travers cette miséricorde, hé bien c’est un nouveau départ qui nous est proposé. Nous avons donc à choisir, et c’est nous-mêmes au fond qui nous jugerons. C’est ce que dit le Seigneur dans l’évangile, celui qui ne croit pas, il a déjà son propre jugement. Le jugement dernier entre le paradis et l’enfer, au fond c’est nous-mêmes qui le choisissons. Est-ce que nous accueillons la bonne nouvelle du salut, et donc c’est la route vers le paradis, vers la communion avec Dieu. Ou bien est-ce que nous nous enfermons, nous endurcissons notre cœur, nous disons « non, je ne veux pas connaître Dieu, je ne veux pas me laisser aimer » Comme quelqu’un parfois que l’on voit en difficulté, on a pu avoir des témoignages,et a qui on a pu proposer notre aide. Il nous dit : « non, non, non, j’ai pas besoin d’aide, j’ai pas besoin d’aide. » Hé bien voilà, celui là a son propre jugement. Au fond l’enfer ce sont ceux qui, alors que Dieu tend des mains ont dit : « non, j’ai pas besoin d’aide. » Ils se sont laissés engloutir dans les flots alors qu’ils se noyaient et que quelqu’un à la surface aurait pu les tirer d’affaires. Nous avons donc frères et sœurs bien-aimés, un choix à faire. Et le fruit de la mission pourrait être que chacun ait ce souhait intime, parce qu’on sait bien que dans notre cœur, ce n’est pas tout blanc ou tout noir, et que l’on a pu et avoir des moments de révolte face à des incompréhensions, face au mal dont on a été victime, face à l’injustice de la souffrance, au deuil, on a pu être comme le peuple d’Israël, qui n’a pas voulu obéir au Seigneur, nous sommes comme enfermés dans notre souffrance, mais aussi on sait qu’en nous-mêmes, il y a quelque chose de meilleur, il y a cet appel à vivre. « Je vous ai choisis pour que vous viviez, et que vous portiez du fruit en abondance. » C’est ce fruit de vie que le Seigneur veut que nous portions, mais cela demande une condition. : l’humilité. Ca demande au fond de se tourner vers Dieu, d’accueillir Son Amour, d’être dans une attitude de réception, d’accueil, et non pas d’enfermement. Si l’on peut être dans des moments de révolte, hé bien peut-être la grâce qu’il faut demander en ce jour, c’est la grâce de l’ouverture, la grâce de l’accueil, la grâce de la confiance. Bien sur il y a des tas de choses qu’on n’a pas comprises dans notre vie, en particulier ce qui est plus douloureux et que l’on trouve injuste, et chacun d’entre nous, nous avons, on sait bien, des histoires qui parfois sont douloureuses, difficiles, et nous venons au Seigneur avec cette incompréhension, mais au moins que nous n’ayons pas cette attitude de nous refermer sur nous-mêmes, que nous ayons au moins cette audace de confier au Seigneur, notre colère, notre incompréhension, de clamer comme Job vers le Seigneur notre désarroi.
Demandons frères et sœurs bien-aimés en ce jour, d’avoir un renouveau dans la confiance. Vous savez que le mot confiance vient du mot foi. Que ce c’est ce mot au fond qui va nous redonner l’ouverture de la porte de la vie éternelle, parce qu’il s’agit bien de ça. Il s’agit bien de l’éternité, c’est ce que dit le Seigneur dans l’évangile. Il nous a redonné accès à la vie éternelle. « Celui qui croit en Mon Fils unique obtiendra la vie éternelle, mais tout homme qui ne croit pas, hé bien, périra. » Alors frères et sœurs, nous avons là une grave question à laquelle chacun aura à répondre dans sa propre conscience. Dieu veut que tout homme soit sauvé. Ceux qui ne connaissent pas Jésus, ceux qui n’ont pas la foi en Jésus, ont la lumière de leur conscience qui est aussi cette présence de Dieu, cette petite flamme de Dieu dans le cœur et l’esprit de chacun, et chacun, ceux qui ne connaissent pas Jésus auront à se prononcer face à la lumière que le Seigneur leur a donné qui s’appelle la conscience. Mais nous, d’une certaine manière, non seulement nous avons notre conscience, mais en plus nous avons la connaissance du Christ, nous avons la connaissance d’un chemin. D’une certaine manière, ce sera une responsabilité plus grande pour chacun d’entre nous, comme celui qui a reçu plus, il lui sera demandé davantage. Le but d’une mission, c’est au fond de faire prendre conscience de l’enjeu d’une vie. Il y a dans notre vie comme une gravité, parce que ce que nous vivons ici bas, retentit dans l’éternité, ce que nous vivons ici bas, et le Seigneur nous le dit dans l’évangile, hé bien aura des conséquences par rapport à la vie éternelle. Et c’est dire que il faut prendre conscience de cet enjeu de notre vie ici bas, et des actes que nous posons, et qui ont des conséquences. C’est dire aussi frères et sœurs, que chacun d’entre nous, nous aurons à nous déterminer non seulement face à la bonne nouvelle du salut, mais aussi face à ce choix que nous avons à faire de nous laisser aimer, et de nous laisser ouvrir les portes de la vie éternelle. Nous avons d’une certaine manière a agir conformément à notre foi, conformément aux béatitudes parce que c’est l’expression aussi de la bonne nouvelle, ces béatitudes qui, d’une certaine manière aussi nous redonnent espérance et confiance. Demandons en ce jour de façon particulière, parce que le Seigneur veut nous donner de façon particulière des grâces en ce jour de conclusion de mission, devant le reliquaire de Louis et Zélie Martin, demandons pour nos familles, demandons pour les couples, une grâce de redémarrer dans la confiance, une grâce de réconciliation, une grâce pour chacun de revenir dans la communion, parce que c’est cette communion qui nous ouvrira les portes de la vie éternelle, amen.