Homélie du 21 mai 2009 Fête de l’Ascension
Vous allez faire votre profession de foi en ce jour où l’Eglise célèbre l’Ascension du Seigneur. Jésus, au terme de Sa mission terrestre, remonte vers Son Père. Les apôtres ont vu Jésus leur apparaître pendant quarante jours après Sa résurrection, pour fortifier leur foi. Ils ont eu du mal a croire en Jésus ressuscité, et il a fallu que Jésus leur apparaisse plusieurs fois, leur parle, mange avec eux, pour qu’ils croient en Jésus ressuscité. Puis, Jésus est remonté vers le Ciel, ils ont vu Jésus disparaître à leurs regards, monter, et en montant au Ciel, Jésus lègue à Ses apôtres et à toute l’Eglise, donc Il vous lègue à chacun de vous, Son testament. Comme toute personne qui quitte ce monde transmet à ses descendants les biens qu’elle possède, Jésus aussi offre à l’Eglise, à Ses apôtres, à chacun de nous, Son trésor, toute Sa fortune. Il leur dit : « Vous allez recevoir une force d’en haut : l’Esprit Saint. » Voilà la grande richesse que Jésus vous partage, Son Esprit Saint. C’est Son plus précieux trésor. Le trésor qui est capable réellement de vous enrichir. Donnez à votre vie son sens. Jésus vous donne, nous donne l’Amour qu’Il échange éternellement avec Son Père, l’Amour qui sort de Son cœur humain, c’est l’Esprit Saint. Voilà ce qu’est l’Eglise, la communauté de ceux qui vivent de l’Esprit Saint, la communauté de ceux qui ont reçu en partage ce trésor que Jésus nous communique, l’Amour Divin.
Donc la recommandation que j’aimerais vous faire aujourd’hui, pour la suite de vos années, hé bien c’est de réellement profiter de ce trésor que Jésus vous donne, d’utiliser cette richesse, vivant de l’Esprit Saint.
A l’Ascension aussi Jésus quitte cette terre, et remonte vers Son Père, et du coup Il nous indique où porter nos regards. Le but de notre vie, il est au Ciel. Notre vie humaine a pour objectif le Ciel, là où Jésus est monté auprès de Son Père.
Nous avons vu, il y a une semaine à peine, la vie d’Anne de Guigné. Une petite fille qui est née en 1911, près d’Annecy, car vous vous en avez entendu parler, mais pas vos parents ni vos parrains, marraines. Je vais en dire un petit mot parce que c’est un beau témoignage pour vous qui allez faire votre communion. D’abord, étant enfant, Anne de Guigné était d’un tempérament coléreux. Elle était indomptable, dit sa mère. Jalouse de son petit frère… Son grand-père disait d’elle, « elle va vous donner du fil à retordre. Je vous plaints quand elle aura 20 ans ! » Pas mal de parents parfois, saisissent cette inquiétude : « je vous plaints quand elle aura 20 ans ! » Madame de Guigné s’occupe beaucoup de ses enfants. Elle leur parle, déjà tout petits de la foi chrétienne, du Bon Dieu, et ils prient ensemble. Le père d’Anne est militaire, lieutenant chez les chasseurs alpins. Et ils vivent à cette période assez terrible de l’histoire de France, la première guerre mondiale. Dès le début, monsieur de Guigné part pour la guerre, le 2 août 1914, et il meurt au front l’année suivante. La maman d’Anne est évidemment effondrée. Elle a trois enfants en bas âge et attend le quatrième. Elle passe des journées en pleurs. Mais la mort de son père causa chez Anne un changement total. Son père est maintenant après sa mort, auprès du Père. Il est mort avec les derniers sacrements. Avant de monter à l’assaut l’aumônier militaire lui a donné l’absolution. Et donc, Anne et sa maman sont persuadés que monsieur de Guigné est auprès de Dieu, qu’il vit avec les saints. Et madame de Guigné écrit ceci : « Dieu et son père placèrent dans son cœur, (le cœur d’Anne) une douceur délicate. » Elle qui était colérique. Elle fait sa première communion à 6 ans. A ce moment elle écrit sur un papier que nous avons toujours : « Mon petit Jésus, je vous aime et pour vous plaire, je prends la résolution d’obéir toujours. »Quand elle écrit ça, c’est aussi que pour elle, obéir, c’était pas facile. Et puis aussi elle cherche en toute chose à offrir des sacrifices à Jésus. Elle se prive, et puis elle cherche à rendre service. Comme elle a des petits frères et sœurs, on a besoin d’elle aussi pour aider en famille, donc même si ça l’oblige à renoncer à son confort, à des jeux qu’elle préfèrerait faire, surtout elle aime lire seule dans son coin, hé bien non, elle s’occupe aussi de ses petits frères et petites sœurs. Et elle vit tout ça comme une offrande. L’amour des autres et l’oubli de soi, dit sa mère. Elle écrit même, la maman d’Anne : « Elle ne vivait plus que pour les autres, quelque en soit le prix. » Et voilà bien le travail de la grâce du Christ dans le cœur de cette petite Anne. Elle ne vivait plus que pour les autres. Elle est devenue décentrée d’elle-même. A dix ans, elle tombe malade de la paratyphoïde. Pendant sa maladie, elle ne prie pas pour elle. Elle est tellement unie au Seigneur Jésus qu’au fond, elle voit qu’elle souffrait de la douleur que Jésus éprouvait à cause des outrages des hommes, dit un témoin. Tout ce qu’elle peut endurer de douloureux au cours de sa maladie, elle l’offre unie à Jésus, pour la conversion des pécheurs. Et elle meurt en effet le 14 janvier 1922. Et celle qui était un peu son institutrice à la maison, elle dit ceci : « Anne nous a laissé une paix qui dépasse tout ce que je pourrais exprimer par des paroles. » Voilà une petite fille qui meurt à 10 ans et demi presque douze ans, d’une maladie, et vous voyez comment la foi chrétienne a retourné a réellement retourné son cœur, non seulement le sien, mais celui de ses parents. L’épreuve de la mort de son père, et sa propre maladie, n’a pas établi Anne et sa maman dans une attitude de révolte. Au contraire, elles se sont tournées vers Dieu, et ont découvert que la vraie joie, elle est au paradis. Et cette certitude intérieure qui s’est développée en eux de plus en plus, en elles de plus en plus, ce regard vers le Ciel, justement que le Christ nous invite à porter dans Son Ascension, nous invite à le regarder, et avec Lui à regarder le Ciel, c’est-à-dire à regarder cette grande espérance, qui est la vie éternelle. Et à partir de ce moment, on a, ancré dans son cœur, cette espérance de la vie éternelle, hé bien les joies que nous vivons sur cette terre, les épreuves aussi que nous vivons sur cette terre, prennent un sens nouveau. Elles sont vécues en vue du bonheur éternel, dans ce but. Nous allons maintenant invoquer chacun de vos saints, vous avez tous un saint patron, une sainte patronne, qui est aujourd’hui assis à la droite de Dieu, avec Jésus, Marie. Nous allons les invoquer afin que les saints que vous avez pour patrons, fixent aussi dans nos cœurs, cette espérance de la vie éternelle, qui donnera de la saveur à votre vie, tout au long de votre séjour sur terre.