Paroisse de Saint Hilaire du Harcouët - Paroisse de Saint Martin de Landelles

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50600 Saint-Hilaire du Harcouët
Paroisse du diocèse de Coutances et Avranches (Manche)

Homélie du 21 juin 2009

12ème dimanche du Temps Ordinaire

Homélie du Père Lechaftois


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[Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule en parabole. Le soir venu, Il dit à ses disciples : " passons sur l’autre rive". Quittant la foule, il emmène Jésus dans la barque comme Il était et d’autres barques Le suivaient. Survient une violente tempête, les vagues se jetaient sur la barque si bien que déjà elle se remplissait d’eau. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Ces compagnons Le réveillent et Lui crient :"Maître nous sommes perdus et cela ne Te fais rien ?". Réveillé, Il interpelle le vent avec vivacité et dit à la mer : "Silence, tais-toi !". Le vent tomba et il se fit un grand calme. Jésus leur dit : "pourquoi avoir peur, comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi ?". Saisis d’une grande criante, ils se disaient entre eux :"Mais qui est-Il donc pour que même le vent et la mer Lui obéissent ?". ]

Ce petit épisode de l’Evangile que nous a rapporté Saint Marc nous enseigne des choses importantes. La première, c’est la Puissance de Dieu et de Son Fils. C’est Lui qui a crée toutes choses et c’est Lui qui les maintient qui les guide et qui les conduit. Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : "Quel est donc cet homme pour que même le vent et la mer Lui obéissent ?" Les apôtres expérimentent alors cette Puissance de Dieu et tout au long de l’Histoire, les hommes expérimentent, qu’ils le veuillent ou non cette Puissance de Dieu : quand ils sont témoins d’orages, de tremblements de terre, de tempête, d’éruptions volcaniques ou d’autres accidents de la nature. Ils éprouvent alors un grand respect pour Celui qui dirige et commande toutes ces choses. Et en face, ils éprouvent avec force, si j’ose dire, leurs propres faiblesses, leur petitesse, leur insuffisance et leur impuissance.

"Maître, nous sommes perdus, nous ne savons plus quoi faire et nous ne pouvons plus rien faire". C’est à ce moment là que Dieu intervient et qu’Il change les choses. C’est à ce moment là que les hommes peuvent se rendre compte que Dieu est Tout Puissant et que malgré cette Toute Puissance qui peut être redoutable, Il est aussi tout Amour. Il aime les hommes, Il veut leur bien et non pas leur mal et Il veut les sauver et non pas les perdre. "Silence, tais-toi donc !".

Le vent tomba et il se fit un grand calme. Dans toute tempête, dans tout trouble, dans toute révolution où Dieu intervient, tout à coup les hommes se taisent et il se fait un grand calme. C’est évidemment difficile, par un raisonnement humain de comprendre cette contradiction fondamentale et c’est là la seconde leçon essentielle de notre Evangile d’aujourd’hui. Jésus leur dit :"pourquoi avoir peur ? comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi ?"et c’est Jésus Lui-même qui s’étend ; c’est la même question que celle qu’Il avait posée à Pierre. Marchant à son appel sur les eaux et qui tout-à-coup, allait se noyer. "Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?" Si tu doutes, tu es perdu, si tu as la foi, tu es sauvé. Et cette leçon est extraordinaire, car elle signifie tout simplement que dans la foi, à l’homme de foi, pour l’homme de foi, Dieu met sa Toute Puissance au service de l’homme.

La foi permet alors, d’une certaine manière, de participer à la Puissance de Dieu, et de dominer à son tour les forces contraires et les forces qui risquent de le perdre pour en faire des voies de salut, de bonheur et de joie. Avec l’exagération orientale qu’il avait, Jésus dit un jour aux apôtres : "La foi : si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez à cette montagne : déracine-toi et va te planter dans la mer et elle vous obéirait".

Evidemment, si l’on raisonne, si l’on discute, on y comprend rien sinon que tout simplement c’est impossible mais rien n’est impossible à Dieu. Le psaume 106 de cette messe que nous venons de chanter entre les deux lectures nous propose cela avec beaucoup d’à-propos et j’oserai dire de charme et de poésie. Si vous le regardez bien dans son entier, il se présente comme une pièce de théâtre en quatre actes. Ces quatres actes présentent des hommes successivement en situation de détresse : errant dans le désert, souffrant et de la faim et de la soif. Captifs, enfermés et soumis à des travaux accablants, égarés par leurs péchés, leurs misères, leurs disputes et leurs violences, et ayant toute nourriture en dégout. Enfin, affronter la tempête en pleine mer, ce qui est le sujet d’évangile d’aujourd’hui. Et cela nous vaut dans ce texte, dans ce psaume un texte d’une portée pitorresque et poétique que je ne cesse d’admirer. Il décrit tout simplement le mal de mer. Portés jusqu’au Ciel, retombant aux abîmes, ils étaient malades à rendre l’âme, ils tournoyaient, ils titubaient comme des ivrognes, leur sagesse était toute engloutie. Et le psaume alors donne la clé de toutes ces misères qui peuvent arriver à l’homme. Il indique la source du Salut et le chemin du bien. Dans leur angoisse, ils ont crié vers le Seigneur. Et Lui, Il les a tirés de la détresse et l’action de grâce alors monte au coeur des hommes sauvés. Ils rendent grâce au Seigneur de son Amour, de ses merveilles pour les hommes. On pourrait si on regardait ce texte, remarquer que ce refrain revient à la fin de chacun des actes que je vous ai signalés.

Et bien, voilà la leçon que cette messe nous enseigne. Voilà le chemin et l’attitude des hommes habités par la foi. Soucieux de retrouver Dieu même parmi les détresses, les angoisses ou les persécutions comme le dit Saint-Paul. Heureux de comprendre que Dieu est en effet Tout Puissant, et que les hommes ne peuvent rien contre la Puissance de Dieu, sauf que par la foi, ils peuvent ouvrir la porte de son Coeur si j’ose dire, de son Amour, et permettre alors que Dieu mette un terme à leurs épreuves et qu’Il les en fasse sortir plus grands, plus heureux, et si j’ose dire, plus puissants. Oui, c’est ainsi mes frères, que Dieu a choisi de renouveller parmi nous à travers les temps et l’histoire l’annonce glorieuse de sa Toute Puissance. Elle ( ?) ... de son Amour pour les hommes. Et entre les deux, si je peux me permettre de faire une comparaison, et bien finalement c’est l’Amour qui l’emporte. Ainsi, l’homme qui a la foi sait que Dieu manifeste parmi nous ses merveilles mais il sait aussi que Dieu peut de cette façon nous réveiller, réveiller notre foi, réveiller notre amour, nous inciter à nous tourner vers Lui, à mettre en Lui notre confiance et à croire réellement qu’Il est capable de tout arranger et de tout organiser pour notre bien et pour celui du monde.

Oui, Dieu ne dort pas sur son coussin à l’arrière de la barque. Dieu ne dort pas, Il veille, Il garde, comme dit un autre psaume et l’homme devient grand quand il reconnaît ce Dieu pour le sien, un Dieu vigilant qui se dresse à l’arrière de la barque prête à sombrer et qui dit simplement : "silence, tais-toi" et le silence se fait. Amen


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