Homélie du 1er novembre 2009 (Solennité de la Toussaint)
Solennité de la Toussaint
o Le moment est solennel. Jésus vit toute la foule qui le suivait. Il gravit la montagne, là où habituellement Dieu se révèle, il s’assit pour marquer son autorité de maître, et ses disciples s’approchaient. Alors, ouvrant la bouche, en quelques mots, il délivre son message, sa parole essentielle, la charte du royaume nouveau qu’Il est venu établir sur la terre. Heureux les pauvres, heureux les doux, heureux ceux qui pleurent, heureux ceux qui cherchent la justice, heureux les miséricordieux, heureux les coeurs purs, heureux les artisans de paix, heureux ceux qui sont persécutés, insultés, calomniés. Imaginons la scène un instant, le choc dut être rude, et le silence dut être grand. Est-ce qu’il se rendait bien compte de la portée de ses paroles ? Voyons Seigneur, ce que tu dis là, c’est tout le contraire de ce que nous faisons et de ce que nous vivons. Certes nous cherchons le bonheur, à être heureux, mais le bonheur pour nous consiste à autre chose, dans la santé, les biens et l’argent, la réussite et les places, le pouvoir, la considération et l’estime des autres. Oui, dit Jésus, Je sais bien tout cela, mais, Je ne suis pas venu pour vous flatter dans le sens qui vous plaît, Je suis venu pour vous dire avant tout, que Mon Royaume n’est pas de ce monde, et que par conséquent il n’est pas, et il ne peut pas être conforme aux manières de vivre des hommes ici-bas. Il faut comprendre cela pour pouvoir entrer dans ce Royaume. Et c’est pourquoi je vous dis : Réjouissez-vous ! Soyez dans l’allégresse ! Car votre récompense sera grande dans les cieux. Tout au long de sa vie, Jésus, si j’ose dire, s’est entêté dans la même ligne. Il a continué de délivrer, et d’expliquer ce message, sachant bien la grande difficulté que les hommes rencontraient pour l’écouter, et surtout pour l’accepter et l’accomplir. Entre autres, rappelez-vous certaines paroles de l’Évangile. On vous a dit, et moi je vous dis : si vous aimez seulement ceux qui vous aiment, si vous saluez seulement ceux qui vous saluent, Simon prêtait seulement quand vous êtes sûrs que l’on vous rendra, eh bien alors que faites-vous de plus que les païens ? Eux aussi font exactement cela. Moi, mon disciple doit se distinguer des païens, en montrant qu’il est animé par autre chose, et c’est pourquoi Dieu propose à mes disciples de dépasser les normes de la vie ordinaire, de comprendre que la base de la charte du salut du royaume, n’est pas la même que celle de la réussite dans le monde. Cette base il n’y en a qu’une, et c’est l’Amour. C’est l’Amour de Dieu pour les hommes, c’est l’Amour que Dieu demande aux hommes, et cela fait voir les choses autrement. Il n’empêche, et cela continue, que l’homme est bien empêtré avec ces paroles de Jésus, et qu’il continue de les trouver difficile et amères. Alors, il adopte deux attitudes, la première consiste dans le refus pur et simple. Seigneur, tu n’y comprends rien, c’est impossible de vivre selon cette parole. Et alors, ils organisent leur vie à leur manière sans tenir compte de Jésus et de Son beau programme. La deuxième, c’est celle des hommes de bonne volonté qui voudraient bien accomplir ce que le Seigneur demande, mais qui ont quand même une attitude mitigée et prudente. Oui seigneur, nous voulons bien t’écouter puisque tu as bien voulu nous dire ce que tu penses de ce qu’il faut faire, mais enfin, rends-toi compte, comprends toutes les difficultés et les obstacles que nous rencontrons dans la vie. Nous nous sommes limités, faibles, fragiles, inconstants, conditionnés par notre environnement et les manières de faire habituelles de ceux qui nous entourent. Alors Jésus répond : Oui, Je sais bien tout cela pour l’avoir Moi-même vécu quand Je suis venu sur la terre parmi vous. Mais, consolez-vous, ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. Tout est possible à Dieu. Je sais bien que toutes les difficultés que vous rencontrez, et que moi aussi, d’une certaine manière, j’ai éprouvé. Mais en venant dans le monde, Je voulais montrer la vraie route, et Je ne me suis pas contenté de vous la montrer, Je me suis engagé avec vous sur ce chemin montant et rugueux. Confiance, J’ai vaincu le monde et tous ses bons ou ses mauvais principes. Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde. Et pour nous encourager pour vous permettre de rendre grâce à Dieu aujourd’hui, après deux mille ans d’évangile, en ce jour de la Toussaint, l’Eglise nous propose de jeter un regard en arrière surtout ses ancêtres, ses glorieux anciens, qui ont rendu gloire à Dieu par leur vie tout simplement, parce qu’ils ont été fidèles à la parole de Jésus. Ils n’ont pas vécu dans un monde à part. Dieu n’a pas fait pour eux des miracles tous les matins. Ils ont connu comme nous des difficultés, et certains même, avant de se convertir, avaient mené une vie passablement pécheresse, mais avec la grâce de Dieu ils se sont redressés, ils ont compris, ils ont vécu sur la terre tels que Dieu le veut, et de cette manière-là, ils sont devenus pour nous autant de lumières qui balisent et éclairent le chemin en nous redonnant confiance. Ils ont été très différents les uns des autres, ils ont occupé des rôles, et ils ont fait des actions très différentes et très variées les unes des autres. Cela nous permet de comprendre que, qui que nous soyons, où que nous soyons, quoi que nous fassions, nous pouvons très bien accepter la parole de Dieu et l’évangile des béatitudes pour qu’ils dirigent notre vie. Car en fait, et c’est cela que nous célébrons aujourd’hui, tous ces Saints, ils n’ont qu’une seule ressemblance, ils n’ont qu’un seul dénominateur commun, et ce dénominateur commun, c’est le message des béatitudes qui a éclairé leur vie je, qui a fondé leurs foi, et qui leur a permis de mener leur action. Ce n’est pas pour rien, qu’au jour de cette fête de la Toussaint, l’Eglise nous fait relire ce texte que nous n’aimons pas beaucoup. Alors, en regardant ou en relisant la vie des Saints comme Saint Augustin, disons en refermant le livre : Mais ce que celui-ci ou celle-là ont fait, pourquoi pas moi ? Dieu ne m’Aime pas moins qu’eux ! Dieu ne veut pas être moins près de moi, Dieu ne veut pas m’aider moins, qu’il a aidé tous ces gens-là ! Alors, eh bien, confiance. Oui, en effet, nous sommes fragiles, nous sommes inconstants, nous sommes faibles et c’est bien de le reconnaître, car autrement nous risquons de tomber dans l’orgueil, et de nous égarer. Mais, encore une fois, la Parole de Dieu est plus forte que tout cela. Alors, en cette fête de la Toussaint, de tous ceux qui nous ont montré, et nous montrent encore, le chemin, faisons confiance à Dieu, écoutons Son message avec foi, faisons cesser nos plaintes, et nos jérémiades, et disons-nous qu’il faut nous mettre à la suite des Saints, sur le seul chemin qui conduit au bonheur, celui que Jésus nous a tracé. Redisons la prière que nous lisons à chaque messe : « Que l’Esprit Saint fasse de nous une éternelle offrande à Ta gloire, pour que nous obtenions un jour les biens du monde à venir, auprès de la vierge Marie, la bienheureuse mère de Dieu, avec les apôtres, les martyrs, et tous les Saints, qui ne cessent d’intercéder pour nous, amen.