Homélie du 19 avril 2009
Dimanche de la miséricorde
Il y a quelques années, suite aux révélations du Christ à sœur Faustine, le pape Jean-Paul II a déclaré que ce deuxième dimanche de Pâques était aussi le dimanche de la miséricorde. Et en effet, c’est dans Son Amour infini que Dieu nous a envoyé Son Fils Jésus pour sauver tous les hommes par Sa mort et Sa résurrection.
C’est ainsi que chaque dimanche, jour du Seigneur, le Christ ressuscité nous offre Sa paix, la paix de Dieu, signe d’une création nouvelle où toute vie est restaurée dans le Christ.
Lors de la première apparition du Christ aux apôtres, nous l’avons entendu, Thomas n’était pas là. Il était absent, il avait autre chose à faire, et il avait manqué cette rencontre si importante, comme cela peut nous arriver. Et c’est par pure miséricorde, c’est vraiment par un Amour infini que Jésus revient, et pour Thomas, et pour nous. Car nous constatons que pour rencontrer le Christ ressuscité, il nous faut être présent, aujourd’hui dans la communauté. Il faut être présent le premier jour de la semaine, en famille, en Eglise, aujourd’hui.
Quand les pères missionnaires sont venus parcourir nos rues, nos campagnes, hé bien, vous l’avez peut-être lu dans le bulletin paroissial, le compte rendu a abordé la question justement de la messe dominicale, qui, disent-ils, reste un repère essentiel pour les chrétiens. Ils disaient, il est vrai que beaucoup de jeunes couples ont des vies très agitées et fatigantes en raison de la pression du travail, de la multiplicité de leurs déplacements le week-end. Ceci dit, le dimanche est constitutif de l’identité chrétienne puisqu’il nous introduit dans le mystère de la mort et de la résurrection du Christ. Vous savez combien la foi vivante en la résurrection du Christ a tout changé dans la vie des apôtres, et à partir de ce moment là, leurs difficultés ne leur sont plus apparues insupportables puisque le Christ était victorieux du péché et de la mort. Et ils ajoutaient, concernant le précepte dominical, donc il ne s’agit pas seulement d’obéir à un commandement, le commandement n’a pas sa finalité pour lui-même, il est au service de la vie, de la vie avec Dieu. Et nous écrivions aux parents avant les fêtes pascales, aux parents des enfants catéchisés, « c’est dans le but de nouer cette vie avec Dieu, en Eglise, que nous vous demandons de participer avec vos enfants à la messe dominicale. Vous savez que le catéchisme ne peut faire à lui seul un vrai chrétien, mais qu’il doit être accompagné d’une pratique de plus en plus fidèle de l’Eucharistie. C’est d’ailleurs votre exemple qui marquera à vie vos enfants en ce domaine comme en d’autres. Et en même temps vos enfants découvriront le vrai sens de leur communion : un cœur à cœur avec Jésus Christ, et une fraternité renouvelée avec les autres chrétiens. » Oui, en ce premier jour du Seigneur, hé bien a été institué en quelque sorte, ce dimanche a été institué lors de l’apparition donc de Jésus aux apôtres réunis, je veux dire en Eglise. Et en effet, dans l’Eucharistie, le Christ ressuscité se donne à nous. Il ne peut pas se donner à toucher ou à voir, dans d’autres occasions plus intimes, dans Sa Parole, puisqu’il se donne à nous par Sa Parole, en particulier dans Son Evangile, mais aussi à l’autel, dans Son Eucharistie, dans Son Corps et Son Sang, et Il nous permet, comme Il l’a permis à l’apôtre Thomas, de le toucher. Nous recevons dans notre corps le Corps du Christ, et avec Lui nous sommes unis à tous ceux qui communient, mais également tous ceux, en particulier je pense à nos défunts, qui sont présents dans ce Corps du Christ, et qui nous visitent et qui s’unissent à notre communion avec le Christ.
C’est après avoir mis ses mains dans les plaies de Jésus que Thomas a fait cet acte de foi, s’est prosterné, et a proclamé sa foi : « Mon Seigneur et mon Dieu. » C’est un acte de foi que nous ne devons pas oublier. Quand le prêtre montre l’hostie, ou le calice, le Sang du Christ, hé bien nous pouvons refaire intérieurement cette si courte prière et si claire : Mon Seigneur et mon Dieu. Jésus ressuscité a gardé les traces de Ses plaies de crucifié, puisqu’il dit à Thomas : « Avance ta main, mets ta main dans mon côté. » Hé bien c’est parce qu’Il est descendu au fond de nos misères, de tous nos maux, que par Ses plaies, nous pouvons être guéris, et recevoir Sa Paix, Sa Paix qui est un envoi aussi. Le Seigneur Jésus leur dit : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » et Il répandit sur eux Son Souffle : « Recevez l’Esprit Saint. »Hé bien que cet Esprit de Paix, nous sachions l’accueillir, en particulier à chaque messe dans l’Eucharistie. Que cette Paix vienne nous guérir, nous donner la force d’être meilleur témoin.