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50600 Saint-Hilaire du Harcouët Paroisse du diocèse de Coutances et Avranches (Manche) |
Deuxième dimanche de carême
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 17,1-9.
Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est heureux que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre ; et, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ; écoutez-le ! » Entendant cela, les disciples tombèrent la face contre terre et furent saisis d’une grande frayeur. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et n’ayez pas peur ! » Levant les yeux, ils ne virent plus que lui, Jésus seul. En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Homélie de père Lechaftois
Jésus connaissait bien l’état d’esprit de Ses apôtres. Ils Le suivaient avec confiance depuis déjà pas mal de temps. Ils L’aimaient bien. Ils aimaient et appréciaient Ses paroles, Ses enseignements, Ses miracles, qui les étonnaient beaucoup. Ils voyaient certainement en Lui un prophète, un maître, un grand, mais, ils restaient prisonniers de leurs préjugés, de leurs anciens conseils, et ils voyaient l’avenir venir à eux sous la forme d’une victoire contre les ennemis de Dieu, sous la forme de l’affirmation de la toute puissance de Dieu, dans le monde, contre les méchants, et contre ceux qui refusent de croire. Pierre venait de le montrer en déclarant avec force, alors que Jésus leur annonçait que le Fils de l’homme doit beaucoup souffrir, être rejeté, condamné, mis à mort, puis ressusciter, s’en était vraiment trop pour Pierre qui proclame vivement : « A Dieu ne plaise Seigneur, cela n’arrivera pas ». Et Jésus le rabroue en le traitant vertement de « satan ». Alors, pour les apaiser un peu, Jésus en prend trois. Pierre bien sur, et puis Jacques et Jean, les deux frères. Il les emmène sur la montagne et Il leur fait entrevoir un reflet de Sa gloire. Il fut transfiguré devant eux. Son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Alors, Il leur fait entendre aussi cette voix qui les effraient un peu, une voix venue du ciel : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-Le ». Cette fois, Pierre est à son aise. « he bien Seigneur, tout va très bien, Te voilà dans la gloire. Installons-nous, dressons des tentes, établissons ici notre PC, et à partir de là, partons à la conquête du monde, profitons pleinement de ce coin de ciel venu sur la terre et essayons d’imposer aux autres de marcher avec nous à la rencontre du Seigneur. » Hélas, la vision s’efface. Et même, en redescendant, Jésus leur demande d’oublier ce qu’ils ont vu, en tous cas, de n’en parler à personne avant Sa résurrection. Dieu a donné Son Fils au monde pour que les hommes Le découvrent, pour que les hommes Le rencontrent. Mais cela n’est pas facile, puisqu’Il est Dieu. Alors, par cette vision, Jésus a voulu montrer aux apôtres qu’au-delà des apparences, ils voyaient qu’Il était bien Celui qu’Il disait. Il a voulu que, en Le contemplant dans cette vision, ils découvrent ce qui serait leur mission. Non pas annoncer un Messie, non pas annoncer un roi qui vient, mais annoncer que le Fils de Dieu Lui-même est venu parmi les hommes pour sauver les hommes. Dieu a donné Son Fils au monde pour qu’à travers Lui les hommes Le découvrent et Le contemplent. Mais pas en quittant ce monde, pas en s’installant sous la tente à contempler cette belle lumière qui nous inonde. La voix venue du ciel donne un ordre précis : « écoutez-Le », c’est-à-dire, « faîtes ce qu’Il vous dit ». La rencontre, la prière, la contemplation, sont belles et bonnes, et il faut les rechercher. Mais elles sont incomplètes aux yeux de Dieu si elles ne nous conduisent pas à devenir, nous aussi, mieux imprégnés de Sa parole et de Sa pensée, et avoir le désir et la volonté, de porter cette parole et cette pensée aux hommes, pour qu’eux-mêmes partagent la lumière qui nous a été révélée. Avec le psaume, il nous faut dire, « Ta parole est une lampe sur mes pas, une lumière sur ma route »ce qui signifie qu’il ne faut pas rester au pied de la lumière en la gardant précieusement, mais qu’il faut partir avec cette lumière sur la route pour la faire connaître. Il faut croire en la parole de Jésus : « celui qui Me suit ne marche pas dans les ténèbres ». Il ne dit pas : « celui qui s’assoit… pour regarder et contempler », mais « celui qui marche, et celui qui suit ». Celui-là n’est pas dans les ténèbres, mais il a la lumière de la Vie. L’homme qui a rencontré le Christ, l’homme qui vit dans l’intimité du Christ, doit montrer dans sa propre vie, que le Christ est là, avec lui, qu’il a rencontré la lumière et l’Amour du Christ, et qu’il est désireux de sortir de sa tente pour aller vers les autres afin de leur faire partager cette lumière et cette foi qui lui viennent de l’Amour de Dieu. Car si bon que nous soyons, ce n’est pas nous-mêmes, avec nos modestes propres forces, qui pouvons être témoins de l’Amour de Dieu qui surpasse tout amour. Cet Amour que le monde attend, et dont il ne veut pas souvent, justement, parce qu’il le trouve trop grand et trop exigeant. Il faut que les chrétiens montrent que cet amour là vient de Dieu, et, si j’ose dire, qu’il s’humanise, qu’il se mette à la portée de l’homme, pour que l’homme puisse y répondre par un amour simplement humain et divinisé, et illuminé par la lumière qui vient de Dieu. Ces témoins que le monde attend, ce ne peut être que les chrétiens, mais ce ne peut être que les chrétiens s’ils ont vraiment rencontré Jésus, le Fils bien-aimé du Père, car c’est Lui qui, des quatre, est avant tout le seul témoin , est bien instruit de l’amour du Père. C’est en Le regardant, c’est en L’admirant, c’est en L’écoutant que nous deviendrons un peu Ses images, et que nous pourrons donner nous-mêmes au monde une image aussi parfaite, exacte que possible de ce qu’est l’Amour de Dieu. Dans la prière, dans l’eucharistie, nous rencontrons le Seigneur, mais il ne s’agit pas de rester là, de s’enfermer, et de L’enfermer dans la tente de notre cœur. Certes, il est heureux que nous soyons ici, et il faut goûter ces instants de bonheur que nous apporte la prière, et que nous apporte la célébration de notre Dieu en commun dans notre eucharistie, mais il nous faut aussi sortir de nous-mêmes pour aller vers les autres, pour témoigner de notre joie de L’avoir rencontré. Et pour témoigner de Son Amour, en montrant surtout, qu’Il n’est pas comme l’amour des hommes : fragile, timide, impossible, souvent, mais au contraire, qu’Il est parfait, rayonnant, et transformant. Alors, de cette manière là, nous aussi, comme les trois témoins sur le mont Thabor, nous connaîtrons la joie et le bonheur de rencontrer le Seigneur, et de partager Sa Vie et Son Amour. Et cette joie sera décuplée si nous la faisons connaître à beaucoup d’autres autour de nous, comme c’est le désir et la volonté de Dieu notre Père, et le Père de Jésus Christ, amen.