Homélie du 15 Août 2009. Assomption de la Vierge Marie
Si l’on regarde dans l’évangile quelles sont les phrases qui sont consacrées à Marie, nous devons constater qu’il y en a bien peu. Au moment de la naissance et de l’enfance de Jésus, bien sûr, dans deux ou trois circonstances ensuite, dont, en particulier, les noces de Cana, et le moment de la croix. Et si l’on s’en tient aux documents, des premiers temps de l’Eglise, on ne trouve aucune mention de Marie, ni de sa vie, ni de sa mort. Et pourtant, dès le début de l’Eglise, les chrétiens ont vénéré Marie, la mère de Jésus. En particulier, ils ont très vite compris que Marie, l’immaculée, exempte de tous péchés, Marie la mère de Dieu, et la mère de notre salut, ne pouvait pas être restée prisonnière du tombeau. Et ils se sont mis à célébrer ce qu’ils appelaient en ce temps là la fête de la dormition, qui est devenue ensuite, fête de l’assomption. C’est une des croyances, avec l’immaculée conception, qui s’est répandue le plus rapidement, et affirma le plus fermement dans l’Eglise que Marie, à l’image de Jésus, était sortie du tombeau, ressuscitée, et comme Lui, montée au ciel. Même si cet article de foi, cette croyance, n’a été certifié qu’en 1950 par le pape Pie XII. Dès lors, dans l’Eglise, la fête de l’Assomption est devenue l’une des principales fêtes de la Saint Vierge, celle qui célèbre sa dignité de mère de Dieu, sa sainteté éminente, sa gloire de reine du ciel, de reine des anges et de reine des saints. Dans la même ligne, au moyen âge, le titre de Notre Dame lui a été attribué couramment, et notre terre, spécialement notre terre de France, est couverte de d’églises et de cathédrales, qui se font gloire de porter ce nom de Notre Dame, et qui essaient par leur beauté architecturale et sculpturale, de magnifier la gloire de Marie, sa beauté, sa pureté et sa grandeur. Les chrétiens y accourent sans cesse comme ils accourent aussi d’ailleurs dans les lieux où la Sainte Vierge a daigné venir les visiter. La Salette, Lourdes, Pontmain, Fatima, et beaucoup d’autres encore. N’ayant pas grand choix de textes à nous proposer pour la fête de ce jour, l’Eglise a choisi l’épisode de la visitation. Et cela me paraît convenir très bien, car ce texte proclame discrètement la gloire de Marie. C’est Elizabeth qui proclame cette gloire en deux petites phrases très significatives : « Tu es bénie entre toutes les femmes » et « heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». Ce sont bien là en effet ces deux choses là essentiellement qui font la gloire de Marie. Le choix de Dieu pour être la reine de Son Fils notre sauveur, qui fait d’elle l’élue, l’élite parmi toutes les femmes de la terre. Et en réponse, sa foi et sa confiance en la parole de Dieu, qu’elle a accueillie sans douter, et totalement, et qui fait d’elle le modèle des chrétiens fidèles. Dans son cantique qu’elle chante ensuite, et qui glorifie surtout Dieu bien sûr, et Son œuvre, Marie ose tout de même affirmer « désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant a fait pour moi des merveilles » Et ce texte a aussi un autre sens, qui nous apporte beaucoup en cette fête, car il montre l’attention de Marie aux autres. Il nous raconte que Marie, ayant appris par l’ange la prochaine maternité de sa cousine Elizabeth, s’est aussitôt rendue auprès d’elle pour la féliciter bien sûr, mais aussi pour l’aider et la visiter. Marie, dit l’évangile, demeura auprès d’elle environ trois mois. Hé bien, il en est toujours ainsi. Marie remontée au ciel, n’a pas quitté la terre. Elle demeure près de nous, et elle nous visite au bon moment pour nous assister efficacement. Nous le savons bien. Nous pouvons nous rappeler des exemples dans notre vie, et l’Eglise en garde une mémoire qui est faite de deux mille ans d’histoire. Les ex voto qui décorent les murs de nos églises et de nos cathédrales, et qui sont si nombreux, en sont le témoignage, et ils marquent et aux yeux de tous que nous reconnaissons l’assistance de Marie comme notre mère, et que nous sommes heureux comme tout enfant bien élevé, de lui dire merci. Oui, en ce jour, nous fêtons Marie montée au ciel, et nous nous unissons dans la foi de fêter sa gloire, est la récompense immense que Dieu lui a donné, pour le service immense qu’elle a rendu au monde en lui donnant Jésus Christ. Mais, aujourd’hui aussi, nous savons et nous croyons que Marie montée au ciel regarde constamment vers la terre, vers ceux que Jésus lui a confié comme fils, alors qu’Il était sur la croix. Et c’est cela qui augmente notre foi. Nous ne sommes pas orphelins. De même que Jésus nous ayant quitté est demeuré avec nous, Marie est encore avec nous.
En ce grand jour, nous disons, avec un cœur plein de joie, mais aussi plein de foi, plein de confiance et plein d’espérance : « Oui, vous êtres bénie entre toutes les femmes. » mais nous ajoutons aussitôt humblement : « Priez pour nous pauvres pécheurs » Amen.