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50600 Saint-Hilaire du Harcouët Paroisse du diocèse de Coutances et Avranches (Manche) |
Fête du Saint Sacrement
Alors qu’approche l’Heure où Jésus doit donner Sa Vie par amour pour les hommes, à l’heure où Il va s’offrir comme victime, victime innocente, victime innocente, victime immolée, victime donnée pour la réconciliation, Jésus réunit ses amis. Il réunit Ses proches, et Il leur parle. Cette parole, elle est pour nous aujourd’hui. Alors je vous le demande, je nous le demande, sommes-nous des amis de Jésus ? Voulons-nous faire partie de Ses proches, de ceux qui recueillent Sa parole, et qui essaient d’en vivre chaque jour ? Cette Heure intervient au moment de la Pâque juive, la fête des pains sans levain où l’on immolait l’Agneau Pascal en souvenir de ce jour où les Hébreux avaient marqué la porte de leur maison avec le sang d’un agneau afin de préserver leur famille du passage de l’Ange de la Mort. L’heure Jésus intervient le jour où le peuple juif se souvient qu’il a été libéré, libéré de l’esclavage en Egypte. Et depuis ce jour de la Pâque juive, la Pâque en Egypte, les descendants des Hébreux se réunissaient conformément au cérémonial fixé par Moïse. Cérémonial que leurs ancêtres s’étaient engagés solennellement à revivre fidèlement : « toutes ces paroles que le Seigneur a dites, nous les mettrons en pratique ».Alors les juifs chaque année, se réunissaient. Ils prenaient un agneau. Ils l’offraient en sacrifice, rappel de ce sang de l’Agneau qui les avait sauvés de la mort. Et les juifs, chaque année, se réunissaient, célébraient la Pâque, conscients que la Pâque qui était intervenue pour leurs ancêtres en Egypte, se renouvelait pour eux, années après années. Au moment même où les hébreux faisaient mémoire du jour où Dieu avait libéré leurs ancêtres, Dieu venait les libérer de l’esclavage. L’évènement passé devenait réalité dans le présent. Lorsque vient l’Heure où Jésus doit donner sa vie, lorsque vient l’Heure où le Seigneur va être offert en sacrifice d’amour, Jésus réunit ses amis pour vivre la Pâque des juifs. Nous l’avons entendu dans l’évangile : « Les disciples partirent, allèrent en ville ; tout se passa comme Jésus le leur avait dit ; et ils préparèrent la Pâque ». Jésus veut célébrer, avant de mourir, l’Alliance conclue entre Dieu et le peuple juif. Mais Jésus, en reprenant les gestes et les paroles de l’Alliance, veut donner à cette Alliance une dimension nouvelle : « il est le médiateur de l’Alliance nouvelle ». Quelle est donc cette nouveauté ? Qu’y a-t-il donc de nouveau dans le repas que Jésus va vivre avec Ses amis ? Ce qu’il y a de nouveau, c’est l’agneau. Jésus ne prend pas un agneau né d’un troupeau, mais Jésus va s’offrir Lui-même. C’est Lui Qui est sacrifié comme nous le rappelait la deuxième lecture « poussé par l’Esprit éternel, Jésus s’est offert lui-même à Dieu comme une victime sans tâche ». Ce qui est nouveau, c’est que nous ne sommes plus libérés de l’esclavage en Egypte. Nous sommes libérés de la mort, libérés de l’esclavage du péché. Jésus prend du pain. Ce pain, Il le donne à Ses amis. Il prend une coupe. La coupe qu’Il a fait passer à Ses amis. Et comme le dit la séquence dont nous avons entendu un extrait avant l’évangile, cette séquence que je vous invite à relire dans vos missels aujourd’hui, comme nous l’avons chanté, « le pain, le vin offert, se transforme en Son corps et en Son sang ».Le pain et le vin sont corps et sang donnés pour la multitude. Ce pain et ce vin offerts et partagés précèdent le vendredi saint, le vendredi saint où le Christ va offrir Sa Vie sur la croix. Vous avez devant vos yeux la croix du Christ. Elle est également à côté l’autel, rappelle qu’à chaque messe, le pain que nous donnons, c’est le pain offert sur la croix. Le vin que nous offrons, c’est le sang qui va couler des plaies de Jésus, et de Son côté ouvert. Au soir du jeudi, Jésus donne du sens à Sa mort qui interviendra le lendemain, mais ces deux jours trouvent leur aboutissement dans le dimanche de Pâques, car le corps et le sang que nous partageons n’est pas corps et sang d’un homme mort, mais ils sont corps et sang de Dieu ressuscité, vivant pour l’éternité.
A la fin du repas, Jésus a donné une consigne à ses amis : « vous ferez cela en mémoire de moi ». Les apôtres ont recueilli cette consigne. L’Eglise l’a accueillie, et si vous êtes là ce matin, c’est parce que nos ancêtres ont pris au sérieux cette invitation du Seigneur. Dans la première communauté chrétienne, la première communauté qui était persécutée par les romains, cette invitation de Jésus était tellement prise au sérieux, que si un membre de la communauté oubliait de venir le dimanche matin, il était rappelé à l’ordre par ses frères et sœurs, et si plusieurs dimanches de suite il ne venait plus, on considérait qu’il n’était plus chrétien, car celui-là n’avait pas pris au sérieux l’invitation que Jésus lui avait faite. C’est Jésus Qui vous invite, c’est Jésus Qui vous attend chaque dimanche. Quel écho donnez-vous à cette invitation de Jésus ? Comment prenez-vous au sérieux cette demande de Jésus de venir un moment avec Lui ? Ce n’est pas le prêtre qui vous invite, ce n’est pas l’Eglise qui vous attend, c’est Jésus, Jésus Qui va Se faire présent à l’autel, parce qu’Il veut donner Sa Vie. Voulez-vous recevoir la Vie de Jésus ? Voulez-vous être des amis de Jésus, nourris par cette Vie de Jésus ? Nous allons faire tout de suite le geste de Jésus. Nous allons, en mémoire de Lui, célébrer Son repas. Il ne s’agit pas de faire comme le week-end dernier où nous avons vécu le souvenir du 6 juin quarante-quatre. Nous n’avons pas revécu le débarquement. Et le 14 juillet prochain, lorsque nous nous souviendrons de la prise de la bastille, il ne s’agira pas de revivre la prise de la bastille. Telle n’est pas la mémoire que nous célébrons à la messe. Nous ne nous rappelons pas de ce que Jésus a fait. Nous allons vivre ce que Jésus a vécu Lui-même. La messe que je vais célébrer tout à l’heure avec les autres prêtres nous rend tous contemporains du jour où Jésus a donné Sa Vie. C’est un peu comme si nous étions transportés au-delà des siècles, transportés ce jeudi soir à Jérusalem. C’est un peu comme si nous prenions place à côté de Jésus et des apôtres. C’est comme si, non, ce n’est pas comme si, c’est, cela qui va se dérouler. Jésus va venir parmi nous. Jésus, par le prêtre, refait les gestes qu’Il a fait au soir du jeudi Saint, Il les refait pour vous. Nous offrons toujours le même agneau. Nous offrons toujours le même Christ. Non pas un agneau il y a 2000 ans, un agneau il y a 500 ans, un agneau hier. Le même agneau s’offre à chaque messe. Cet agneau, c’est Jésus. Vous êtes invités ce matin, comme chaque dimanche, à prendre place autour de l’autel, comme les disciples dans la pièce haute pour le repas. Nous sommes rassemblés par Jésus Lui-même Qui veut nous donner Son Corps, et Son Sang. Nous sommes invités à venir partager le Corps, à nous laisser nourrir de ce Corps. Comme le disait le saint Curé d’Ars : « Il est là, Il est là, celui qui nous aime tant ! ». Il est là, Jésus, dans Son Corps et dans Son Sang. Nous sommes devant un mystère que nul ne peut comprendre complètement. Il n’y a rien de plus grand dans ce monde que l’eucharistie. Lorsque je vais vous présenter tout à l’heure le pain, je vous dirai : « le Corps du Christ », et vous répondrez : « amen ».Cet « amen » équivaut au « que Ta volonté soit faite » que Marie a dit à l’ange. Cet « amen », c’est la parole par laquelle vous acceptez d’entrer dans ce mystère de la présence de Jésus, et de devenir Son ami. Si parmi nous, il y en a un qui ne veut pas entrer dans ce mystère, qu’il ne s’approche pas de l’autel. Car dire »amen », et recevoir dans sa main le Corps du Christ, c’est s’engager à la suite de Jésus, à vivre comme Jésus. Ne venons pas à l’autel, si nous ne sommes pas prêts à vivre en chrétiens, dans le quotidien de notre semaine. Ne venons pas à l’autel, si nous n’avons pas envie de nous laisser totalement transporter par cette présence. Car il ne s’agit pas seulement de recevoir le Corps de Jésus, et de repartir après, il s’agit d’être totalement habité par cette présence, transformé par cette présence, il s’agit de devenir réellement ami de Dieu. Un ami qui ait le souci de Son Seigneur durant la semaine, un ami qui a le souci de ses frères, en sortant de la messe. Donnons au monde, le témoignage d’une communauté chrétienne, qui prend au sérieux la présence de Son Seigneur, et qui se laisse convertir. Quand on dit la messe, nous rappelle le Curé d’Ars, quand on dit la messe pour les pauvres pécheurs, Notre Seigneur vient sur l’autel, et Il lance un rayon de Sa lumière dans l’âme des pécheurs, qui entourent l’autel. Aucun pécheur ne peut résister à cette lumière. Tous retournent à leur Père. Je vous invite maintenant à prier, à prier pour chacun d’entre nous, afin que nous soyons capables, d’avancer vers l’autel avec foi, avec la crainte de ceux qui ont compris que Leur Seigneur est là, mais avec la foi de ceux qui se savent pardonnés par avance, Aimés par avance. Et maintenant, je voudrais m’adresser en conclusion, aux garçons qui sont présents dans l’assemblée. Dieu a besoin de vous. Dieu a besoin de vous pour être les ministres de Son Eucharistie, pour être les prêtres de Son Eucharistie. Si demain, nous n’avons plus de prêtres, nos communautés seront mortes, notre Eglise sera morte. Si demain, nous n’avons pas de prêtres, notre vie chrétienne sera vaine, car l’Eucharistie est le cœur de notre vie, et pour l’Eucharistie, il nous faut des prêtres. Ne gaspillons pas notre temps à inventer des moyens de remplacer la messe, mais prions pour les vocations, et osons interpeller les garçons de nos entourages à devenir prêtres. Dieu a besoin de vous. L’Eglise a besoin de vous, afin que vous puissiez être ministres de Sa Vie par l’Eucharistie, et par les sacrements. Alors s’il y en a parmi vous qui déjà ressentent cet appel, je voudrais vous redire les paroles de Benoît XVI à l’occasion de son pontificat. « N’ayez pas peur, n’ayez pas peur du Christ, le Christ n’enlève rien, Il donne tout. » Celui qui se donne à Lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ et vous trouverez la Vie. Si le Seigneur vous appelle à être prêtres, ouvrez grand votre cœur à Son invitation, car Il veut votre bonheur, et par votre bonheur, il fera celui de votre communauté chrétienne. Avec l’Eglise, rendons grâce pour ce don de l’Eucharistie. Avec l’Eglise, avec quelques jours d’avance sur l’année sacerdotale, rendons grâce pour le don du sacerdoce. Oui Seigneur, béni sois-Tu pour cette Vie que Tu me donnes, béni sois-Tu pour l’Amour que Tu mets dans notre cœur, amen.