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50600 Saint-Hilaire du Harcouët Paroisse du diocèse de Coutances et Avranches (Manche) |
premier dimanche de carême
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 4,1-11.
Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le démon. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : Ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Alors le démon l’emmène à la ville sainte, à Jérusalem, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » Le démon l’emmène encore sur une très haute montagne et lui fait voir tous les royaumes du monde avec leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes pour m’adorer. » Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, et c’est lui seul que tu adoreras. » Alors le démon le quitte. Voici que des anges s’approchèrent de lui, et ils le servaient.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Homélie de père Pestour
Mercredi, nous sommes entrés en carême, afin de nous préparer à la plus grande fête de l’année : Pâques.
Beaucoup d’enfants et d’adultes ont reçu sur leur front un peu de cendres avec la parole suivante : « convertissez- vous et croyez à l’évangile » ou, aux enfants : « change ton cœur, sois croyant, fais confiance à Jésus ».
Jésus a passé quarante jours dans le désert, dans la prière, dans le jeûne, en résistant aux tentations du démon. La tentation d’avoir beaucoup de choses, d’en avoir toujours plus, la tentation aussi de tout garder pour soi. La tentation d’avoir beaucoup de pouvoir, pour être le plus fort, et dominer les autres. La tentation de vivre comme si Dieu n’existait pas, sans prier, ou prier seulement dans le besoin. Les tentations ont toutes ceci en commun : c’est qu’elles paraissent toujours infiniment bonnes et alléchantes. Mais elles nous laissent toujours déçus et vides. Seul ce qui nous mène à Dieu nous rend heureux, même si cela nous demande de nous surpasser. Jésus n’a pas seulement résisté pour Lui-même à la tentation, mais pour chacun de nous aussi. Quand moi je défaille, Lui triomphe pour moi aussi.
Saint Augustin a résumé cela : « Dans le Christ, c’est toi qui étais tenté, parce que le Christ tenait de toi la chair, pour te donner le salut, Il tenait de toi la mort pour te donner la Vie, Il tenait de toi les outrages pour te donner les honneurs, donc Il tenait de toi la tentation pour te donner la victoire. Reconnais que c’est toi qui es tenté en Lui, et alors, reconnais que c’est toi qui es vainqueur en Lui ». Sainte Thérèse, dont nous recevrons les reliques du premier au six avril à Saint Hilaire, écrit ceci à sa sœur Céline : « Il ne nous reste qu’à combattre. Quand nous n’en avons pas la force, c’est alors que Jésus combat pour nous. »
Une des grandes tentations, c’est d’oublier de renoncer à des habitudes d’imperfection. Bien sûr des habitudes d’imperfection volontaires, qu’on ne se décide jamais à combattre. Non seulement ces habitudes font obstacle à notre union avec Dieu, mais encore elles nous empêchent d’avancer dans la perfection, donc de nous rapprocher de Jésus. Quelles sont-elles ces habitudes ? Ce sont des attachements, comme on dit, désordonnés, c’est-à-dire excessifs. Par exemple, un attachement excessif à une personne, à un objet, à un vêtement, à une marque de chaussures, à un livre, à une émission, à un jeu, à un genre de nourriture, une voiture, que sais-je…un attachement excessif à ces objets ou ces personnes qui ne sont pas Dieu. « Peu importe ! », nous dit Saint jean de la Croix, « peu importe qu’un oiseau soit retenu par un fil, mince ou épais, tant qu’il ne l’aura pas brisé, il sera incapable de voler. » Il n’est pas libre, mais prisonnier d’un tout petit fil. Saint Jean de la Croix nous donne aussi l’exemple d’un poisson tout petit. En espagnol le « remora ». Ce petit poisson qui, lorsqu’il réussit à s’attacher à un navire, l’arrête si complètement qu’il l’empêche d’arriver au port, et même de poursuivre sa marche. Telle peut être notre complicité avec le Mal dans lequel nous vivons. Dans l’église de Saint Pair sur Mer, la chaire où étaient proclamées autrefois la parole de Dieu et les homélies des prêtres est soutenue par une colonne, une petite colonne. Et sur cette colonne, l’ébéniste a sculpté la tête d’un beau petit démon et, bien que vaincu par la parole de Dieu, ce petit démon se bouche les oreilles. Il est représenté comme ça, se bouchant les oreilles avec les mains pour ne pas entendre la parole de Dieu ni les homélies des curés. La parole de Dieu, c’est le plus grave, hmm … !
Donc, laissons nos oreilles libres d’entendre la parole de Dieu, la parole de Jésus. Brisons dès maintenant nos complicités avec le Mal, sans réclamer un nouveau sursis à la miséricorde de Dieu. Comme Jésus le répète dans l’évangile, cette espèce de démon ne peut sortir que par la prière et le jeûne. Et aussi l’aumône, le partage avec nos frères qui ont faim de pain, d’attention, d’écoute, de respect et d’amour. Et puis souvenons-nous, puisque nous fêterons le 150ème anniversaire des apparitions de la Sainte Vierge à Lourdes, de son grand message : « prière, prière, pénitence, pénitence » que nous pouvons traduire par : conversion.
Tournons-nous vers Dieu avec tous les moyens que la grâce et nos efforts nous donnent.