Paroisse de Saint Hilaire du Harcouët - Paroisse de Saint Martin de Landelles

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50600 Saint-Hilaire du Harcouët
Paroisse du diocèse de Coutances et Avranches (Manche)

Homélie de la messe de la veillée de Noël (24 décembre 2009)

Homélie de Père Pestour


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Frères et sœurs, Nous voici réunis pour célébrer cette grande fête de la joie, de la paix, fête de l’enfance du Fils de Dieu, Noël, fête de tous les pauvres qui n’ont pas d’autre fête. Il fut un temps où nous entrions de plain-pied avec la joie de Noël parce que nous étions encore proches de notre propre enfance, mais à mesure que notre enfance s’éloigne, le chemin nous semble aussi plus long, pour rejoindre la joie que nous apporte Noël. Et cela parce que le monde et dur, et que les hommes y souffrent, parce que notre coeur reste habité souvent, trop souvent par l’égoïsme ou la volonté de puissance, parce que nous sentons à l’œuvre, en nous-mêmes, les forces de retenue, ou encore, lorsque nous prenons avec l’âge, une plus vive conscience de nos pesanteurs, de nos opacités, de nos impuissances. Nous nous sommes éloignés de Noël, et il serait vain d’essayer de reconquérir ce Noël à la force du poignet ou en nous replongeant dans le rêve, dans l’oubli, comme en fermant les yeux sur le réel du monde. Car la joie de Noël n’est pas une conquête, n’est pas notre conquête, elle n’est même pas celle du chrétien, c’est un cadeau, un don du Seigneur, aujourd’hui, comme au premier jour. Il ne s’agit pas de rejoindre Noël à tout prix, mais bien de nous laisser rejoindre par Dieu, d’accepter enfin que Dieu vienne au devant de nous, et qu’Il accomplisse Ses merveilles dans nos vies, j’allais dire, tout ordinaire. C’est ainsi que cela s’est passé une nuit à Bethléem, une femme toute simple a fait pour son enfant, les gestes tout simples que toutes les mamans font depuis qu’elles existent, depuis qu’il y a des mères, mourir, langer, bercer , cajoler, mais, l’enfant était le propre fils de Dieu. Tout enfant échappe à sa mère, dès qu’il ouvre les yeux à la lumière du monde, et c’est pourquoi les mères si souvent demeurent songeuses, en regardant leur enfant. La Vierge Marie savait que le mystère de son enfant lui échapperait toujours, et pourtant elle a su poser pour Lui, jour après jour, les gestes ordinaires de la vie. Courageusement, sereinement, elle est entrée dans le plan, le dessein d’amour, et même, on pourrait dire, le parti pris de Dieu, qui est de faire de la richesse avec nos pauvretés, de l’éternel avec du quotidien, de l’universel avec du limité, et nous savons combien nous sommes, de la rédemption avec de l’ordinaire, du Divin dans l’humanité. Les bergers eux aussi ont été rejoints par Dieu dans leur quotidien, et cela dans le froid de la nuit, près de l’enclos à moutons, et les merveilles que Dieu a faites pour eux dans cette nuit de Noël, reste bien des merveilles capables de parler à des pauvres. Dieu leur fait sentir Sa présence et Sa proximité. Comment donc ? hé bien, en les prenant dans Sa lumière, en les prenant dans Sa lumière, puis il leur explique tout, c’est-à-dire tout ce qui est explicable par la voix de Son message : « Il vous est né aujourd’hui dans la ville de David, un sauveur qui est le Messie Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné. Vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Quelle fragilité, quelle dépendance, quel dénuement, ce sont là des repères fournis aux bergers, pour reconnaître le Messie de Dieu. Ce sont déjà des marques de leur propre existence, et de la nôtre, fragilité, dépendance, dénuement. Eh bien, le Messie qu’ils vont chercher, est déjà l’un des leurs. Frères et soeurs, le Messie que nous chantons cette nuit est vraiment l’un de nous. Il a tenu a inaugurer Son règne comme un petit enfant, et nous y entrerons avec un coeur d’enfant. Le Christ a voulu venir à nous par la voie de l’enfance. Pourquoi ? Hé bien pour contester le plus doucement possible tout ce qui est vieux, qui doit disparaître parce que cette vieillesse du péché nous sclérose, nous ronge l’âme petit à petit. Hé bien, le Christ a voulu contester cette vieillerie du péché. Il a refusé d’entrer par la force dans le monde parce qu’il voulait nous révéler la manière de Dieu, la façon d’agir de Dieu, la manière d’Aimer de Dieu. Il a vécu en fils de Dieu nos journées. Ne cherchons pas trop loin, ne Le cherchons pas dans notre passé, au-delà des brumes de l’échec, ni dans notre enfance, trop tôt disparue, ne Le cherchons pas ailleurs que dans la vie de tous les jours, dans notre ordinaire, Il est ici maintenant et pour nous, Il est né, Il est dans le monde, il est Dieu avec nous, comme nous le chantons : « Emmanuel ». Oui, Noël, le Fils de Dieu nous regarde, et Son regard est un regard d’enfant. Prions les uns pour les autres, prions que cet enfant de la crèche, Fils de Dieu, nous renouvelle nos cœurs, qu’Il nous redonne ce cœur d’enfant pour Aimer et agir à Sa manière, à la manière de Dieu, amen.

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