Homélie de Jeudi Saint
Institution de l’Eucharistie
Au moment où Jésus institue l’Eucharistie, le Jeudi Saint, Il institue en même temps le sacrement de l’ordre, en disant à Ses apôtres : « Vous ferez cela en mémoire de Moi. » En lavant les pieds à Ses apôtres, et en leur disant : « vous aussi, faites de même », Il les institue aussi prêtres pour poursuivre Ses gestes, Ses gestes de salut, Ses gestes qui donnent la Vie que sont les sacrements.
Je voudrais citer l’une ou l’autre phrase, dite par le pape Benoit XVI lors de son voyage en France à Lourdes, au mois de septembre dernier. Il est revenu à plusieurs reprises sur l’importance de l’Eucharistie, et du sacerdoce.
Frères et sœurs, dit-il, entourant de la plus grande vénération le sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, le très Saint Sacrement de la Présence réelle du Seigneur à Son Eglise, et à toute l’humanité. Ne négligeons rien pour Lui manifester notre respect et notre amour. Donnons Lui les plus grandes marques d’honneur par nos paroles, nos silences, et nos gestes. N’acceptons jamais de laisser s’affadir en nous et autour de nous, la foi dans le Christ ressuscité, présent dans l’Eucharistie. Et l’affadissement de la foi dans le Christ présent dans l’Eucharistie, va de paire avec l’affadissement de la foi dans le sacerdoce. Là où le prêtre n’est plus considéré comme le cœur de la communauté chrétienne, l’eucharistie elle-même n’est plus le cœur de la communauté chrétienne car c’est par le prêtre que l’eucharistie vient dans le monde et c’est aussi par les prêtres qu’elle vient dans les âmes. « Chers frères et sœurs, continue le Pape, qui peur élever la Coupe du Salut et invoquer le nom du Seigneur au nom du peuple de Dieu tout entier sinon le prêtre ordonné dans ce but par l’évêque. On ne dira jamais assez que le sacerdoce est indispensable à l’Eglise dans l’intérêt même du laïcat. Les prêtres sont un don de Dieu pour l’Eglise.
Et cette foi dans le sacerdoce c’est d’abord une exigence pour nous les prêtres, que nous ayons toujours d’avantage conscience de la grandeur du sacrement qui nous habite pour réellement refléter le visage du Christ auprès de ceux qui viennent à nous.
Cette foi dans le sacerdoce, c’est aussi une exigence pour tout le peuple chrétien. Le curé d’Ars dont nous fêtons le 150ème anniversaire de la mort a cette phrase magnifique qui dit : « le sacerdoce, c’est l’Amour du Cœur de Jésus car, dit-il, c’est le prêtre qui continue l’œuvre de Rédemption sur la terre ». Il y a l’Amour qui sort du Cœur de Jésus sur la croix. Et puis, c’est Amour là est communiqué à travers toutes les générations de croyants par le sacerdoce, dans les sacrements. « Lorsqu’on veut détruire la religion, dit encore le curé d’Ars, on commence par attaquer le prêtre.
Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre, on y adorera les bêtes. Il n’y a pas de communauté chrétienne possible sans le prêtre car li n’y a pas de communauté chrétienne sans en son centre le sacrifice eucharistique qui est l’Amour du Christ continué, qui est le sacrifice de la Croix prolongé, étendu à toutes les générations. Mais comme aujourd’hui, nos communautés chrétiennes souffrent cruellement la tendance peut être de chercher des solutions de remplacement, et il en faut, de toute évidence. Mais en même temps, le pire serait peut-être de se satisfaire de l’absence de prêtre et de diminuer notre prière, notre intercession, notre supplication, même avec des accents parfois dramatiques.
Si les prêtres réellement manquent, pour que le Seigneur daigne envoyer des prêtres à son Eglise et le Seigneur envoie des prêtres à l’Eglise dans la mesure où le peuple de Dieu les attend.